312 IIISTOIRE SOCIALISTE heure prochaine sans doute, oü les promesses de l'Empire paraitraient illusoires cl menson1èrcs: c'était vers elle, tout naturellement, vers l'association qui se proposait de donner aux travailleurs confiance en leur propre effort, que les militants dé~us se retourneraient. Toul cela se passait de juillet à septembre 1867. Il fallait ~usieurs mois encore pour que la semence, ainsi jetée, pût lever. En septembre 1867, lorsque les délégués de la section parisienne se rendirent au Congrès de Lausanne, leur groupement n'avait point pris une bien grande extension. Le rapport de ~lural constatait que la section avait 600 membres, el qu'elle devait une somme de t,66 francs. On sait l'importance théorique du Coni,:rès de Lausanne (2-7 septembre 1867). C'est à cc Congrès que se heurtèr·enl pour la première fois les deux théories opposées du mutualisme el du collectivisme. Le mutualisme l'emporta. Je passe encore forcément sur les débats du Congrès. On en Lrou\'era un vivant tableau dans le livre de James Guillaume (1, p. 29 el sq.), el un sérieux résumé critique dans l'ouvrage de notre regretté camarade Gustav Jaeckh \Die lnlernationnle, p. j3). Après avoir examiné les morens de développer la propagande el fixé une cotisation à l'organe central de 10 centimes par an et par membre, le Congrès préconisa !"organisation nationale du crédit gratuit et recommanda la coopération de production aux sociétés d'assurances mutuelles (2' question). Il signala le danger de la formation d'un cinquième l~lat, si les associations ouvrières créaient un quatrième ttat, c'est-à-dire une classe nouvelle de travailleurs privilégiés; et il in, ita les associations ,, supprimer tout prélèvement du capital sur· le travail (3' question). Cc fut, notons-le, i, l'occasion de cette question que César de Paepc soutint l'idée de l'entrée du sol à la propriété collective de la société el l'abolition de l'héritage à certains degrés. Allemands et Belges se déclarèrent partisans absolus de la possession collective, tant de la terre que des instruments de travail; Français el Italiens défendirent la propriété individuelle. Le problème fut renvoyé au prochain, Congrès. Sur les relations du capital cl d11 t~avail (4' question), sur les grèves cl le chômage, le Congrès de Lausanne renouvela les déclarations d& Genève Cf. p. 300). ~l c'est encore une fois dans le sens 'proudhonien qu'il résolut le problème de l'enseignement cl du travail des femmes (5' question). Enfin, après avoir, toujours selon les mêmes conceptions proudhoniennes défini les limites du pouvoir de l'l~tat, il aborda les deux questions qui allaient précisément décider du sort de l'l11ternationale en France. La septième question de l'ordre du jour était ainsi formulée : • La priva• tion des libertés politiques n'est-elle pas un obstacle à l'émancipation sociale des travailleurs, et l'une des principales causes des perturbations sociales?- Quels sont les moyens de hâter cc rétablissement des libertés poil• tiques ? •
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