Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOlllE SOCIALISTE Dclord, a"ait étC de nouveau enfermé. C'est en prison que le Yicux connut les jeunes. "'.\ Sainlc-Ptqagic, diL f'nco1·c Lnforg-uc. on 1·cncontra heurC'usemenl u11 1·t·,·olntio11nail'C, Blanqui. C'est lui qui rw115 a t1·anfo1·més. Il nous a tous co1Tnmpus. Aussi un tic ces Jémocratcs joli•cct•u1· di~ail qu'une ùcs plus grandes fautes de l'Empit·c était d'a,·oir emprisonné Blanqui au milieu de la jeunesse. Il a,·,1it raison». A s011 contn,·t, les jeunes dc\'i11r~11l<les 1·{',•olulionnaires.. Il leu,· a\'ait donné le rnnscil de 11'éco11tcl' j:imilÎS les "icux. pas nH\me lui,« s'il leur disait des choses contn1i1·es à lt~urs p1·opres aspirations•· Les préoccupations socialrs <lr:o-jcunc!i- n'étai<'nt point p1u11· lui déplnirc: n'était-cc point un changement social quïl \'oulail réaliser pn1· le t·hangcment politique? ~lais il insistait, lui, s111·la néccs,ilé de la lutte politique, de la l111tc l'Clig-ienscaussi. J\\'Îdc <le sa,oir, ardent it sïnfunner, it appl'c11drc-. il 1·cpl;u~·•IÎl en dfct sa eonccptio11 de la justice sociale dans l'é"ol11Lion g-t;nér:de. ll di~ail et 1épétait ·• que la ~ra11de q11cstio11 était celle de rctd11ca1io11. qnt.' l'<t•lnTc n acromplir était de lihére1· la mentalité humaine de 1011;les despotismes cl de tous les pal'3sitismcs d'idées. de préjui:rés, d'habitudes, de manies hèn'dilaires » C. Geffroy. l'En/èrmé, p. 24:l .. \théc et nrntérialiste, il se trou\'ait par lù en harmonie ;n·rc les tendances des jeunes 1·é\'ol11tionnail'es. Car c'est là un ùcrnicl' t1·ait: les jeunes ne sont plus anti-cléricaux à la manière de ~I. lla\'În. Ils ne se eontenlent pas de dél'lamer contre les Jé:,uites. Ils s'at1aquc11t nu clll'istianism<·, ou même au ,·nguc théisme de t..8: ils lisent les lincs de Büchner, de ~loleschotl, de \ïrcho\\, des !(rands matérialistes èt,·angers, et ils demandent à ces sa,·ants J,, puhlicr sous leurs auspices une l/ev11e e,,,~••clopédiq11e. En mai ISG:i, ils rédigent a\'eC Blanqui luimême un audacieux journal: Candide. Tridon, I·:. \ïllr11e11,·c, \\'attcau, Onimus el le baron de Ponnal, ,·e d'llolhach du second Empire, y collaborc11t. Blanqui. on le sail, signe Suzamel. Tous guerroÎ("nt contre le surnaturel, montrenl l'o1·iginc humaine ùc la moral(', dénoncc11t lrs méfaits du monothéisme sémitique. Au Con~1·ès de Liège, Congrès inlcrn:itional d'étudiants, quelques mois plus ta,·d, Germain Casse. Regnard, T,·idon, Lafar~ue affirmaient hat·dimcnt leurs idées nnti•rcligicuscs. « La scicnre, distdt Laf:u·:.(ue, ne nie pas Dieu; elle fait mieux: clJc le rend inutile• octobre lllü.i . C'est dans le même Congrès que Léon Fontaine. un des collabo1·ate11rs hrlges de la Ui<•e(:a11c!te, résumait po111·ainsi dire la prnfession de foi de la jeunesse dans les Lerme~suivants : « Oa11s 1'01·drc moral, nous voulons par l'an,•antissement de tous les préjugés et de l'l~glisc. arri"e" à la négation de Dieu et au libre examen; dans l'o,·dre politique, nous voulons, par la réali• sation de l'idée républicaine, arri,•er à la rédération des peuples et à la solidarité des individus; dans l'ordre social, nous voulons, par la transformation de ln propriété, l'abolition de l'hérédité et la suppression du salariat, arriver à la solida,·ité, ù la justice •·

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==