HISTOIRE SOCIALISTE que les ll'OÎs Français, oiclés de Lelubcz vinrent exposer leurs idées d'o,·ganisation. On a de cc meeting plusieurs comptes-rendus. L'un des plus récemment connus est celui de Lelubcz lui-n1t.ime.dans une lcLtrc à ~l. llenri Lefort, que ~l. Tchcruoff a publiée dans son livr·c. Après un ch11•11r de tr:n·aillcut·sallcmands, le professeur Beesler, élu président. prit la parole. C'était un r-adical auglais qui s'était déjà signalé comme un démocrate éprou\·é et qui, en 18lil. lors de la grève des nrn~·ons <le Lu11drcs cl en plusieurs autres circonstanrcs, avait énergiquement soutenu contre la bourgeoisie ma11chcstéricnnc les rcvendicalio11s ouvriCrcs. Dans "u II spceeh éloquent et rempli <le sympathie pour les peuples opp1·imés » écrit Lelubez, il dénonça les actes de violeru:c <les gou\·crnements. lem·s "iolations du droit international; il condamna l'expédition de Rome, mais H'oublia point celle de Gibraltar·; il stigmatisa la conduite de la Russie en Pologne cl en Circassie, mais dénonça la conduite analogue de l'Angleterre en lr]ande, en Chiné, dans l'Inde et en ;\ou"ellc-Zèlan<lc. li conjura les travailleurs de ne point se laisser égarer par les préjugés patrio~iques, mai:; d'aecomplir toujours cc que leur conscience leur indiquait comme juste. Il rxp1·irna cntîn l'~spoir que i'union projetée entl'e les tran1illcu1·s <le tous les pays sortirait réalisée de celle assemblée. Odgel' lut ensuite l'adresse que les Anglais avaient adressée aux travailleurs parisiens. Et cc fut Tolain qui « avec un vrni chic », qu'admire Lcluhcz, donna lecture de l'adresse en réponse. Qu'on nous permette cette dernière longue citation : l'adresse lue â. Londres montre à :quelles pensées, à quelles conceptions en étaient arrivés les militants parisiens, au moment mème oll, dans l'Internationale, ils allaient subil' de nouveau la forte influence des penseurs socialistes, de Proudhon ou inconsciemment <le ~larx. « Frères et amis, disaient les lra_,'"ailleurs de France à leurs fri}res d'Angleterre: oui, vous a\·cz raison, le sentiment qui nous réunit est l'in<lice certain d'un meilleur avenir pour l'affranchissement des peuples. « li ne faut plus que <les Césars, le front souillé <l'une cournnne sanglante, se partagent entre eux <lespeuplPs épuisés par les rapines des grands, des pays dévastés par <lesguerres sauvages. Li ne Cois de plus, la Pologne est re• couverte d'un sanglant linceul cl nous sommes restés spectalcurs:impuissaots. « I..:nseul peuple opprimé met en <langer la libc,·té des aJtres peuples. Au nom de sa dignité, tout homme libre ou qui veut l'èlrc doit son concours a ses frères opprimés. Sans doute nous aurons bien des obstacles à vainci·e; il en est plus d'un qui tombera meurll'Ï dans la mêlée. Qu'importe 1 A la liberté, au progrès, comme ü la tcr-rc, il faut l'engrais. « Donc, ceignons nos reins, préparons-nous ave·c joie ,, la lutte. Il faut que le peuple fasse entendre sa voix dans toutes les grandes questions politiques et sociales, signifiant ainsi aux despotes que la fin •:le leur tyrannique , tutelle est arrivée.
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