IIISTOIRE SOCIALISTE Ils s'étaient abstenus en 1863 • de poser le problème du paupérisme•· Cette fois, ils le posaient. Ils déclaraient que le prolétal'iat, ou le salal'iat, est la plaie des sociétés modernes. comme l'escla"age et le ser"agc a,·aient été la plaie de !"antiquité et du i\loycn-Agc; cl ils concluaient natul'ellcmcnl il sa suppression. llél'itiers de 18',8, ils cl,·claraie11t que • i:ll'oil politique égal implique néc('ssaircmcnt un Cgal d1·oit social •, et, franchissant encore un degré, ils affl,·maient que !"égalité inscrite clans la loi ne suffit pas, qu'il faut la l'éalisel' clans les faits. lis padaient enfin, dans une formule rngue, mais qui en disait long, de ces institutions liLl'es qu'ils réclamaient, el qui • de"aicnl faciliter la tl'ansition entre la "icille société, fondée sur le salariat. et ln sociéh~ f11t111·e <111i sera fondée sur le droit commun ,._ Lemanifeste proclamnil enfin c•o111mc nécessai1·c, cc qui est le 1ml mèmc du socialisme : la suppression du salariat. :\lais conHHC ils ne connnissaie11t guère que leur milieu parisien, eommc ils ne faisaient que prcsscnlh· ,c l'aristocratie financière qui se constituait à la fa\'cur de la libel'té commc,·cialc •· les Soi~ante gal'claicnt l'illusion. quo l'égalité politique. engendrant une ,éritahlc {·galité législative, leu,· suffil'ait à réalise" l'égalité sociale. Sans doute, ils parlaient de conciliation a,·ec le patronat, d'accord l'écl des inlérèls, mais ils en parlaienl, en hommes, tout confiants dans la fol'ce de leur classe, en hommes cel'tains, c1ue si celle force pou\'ait se déployer librement. ils réduiraient à n'ètre que des <,gaux. les patrons. les capitalistes. Ils étaient convaincus que lcul' action syndicale, libérée de toutes entraves, suffil'ait à les rendl'c socialement égaux. Et c'était li, cc quïls cntenclaicnl, lorsqu'ils disaient dans leurs formules, que la liberté de t,·a,·ail, pourrait servir de contre-poids i, la libel'té commel'- ciale. lis de\'aient appl'endrc bientôt. hélas! que l'émancipation ouvrière n'était point chose si facile. lis dtvaient appl'cnclre surtout qu'en dépit même de leurs caractèl'es d'opposants, la boul'geoisie démocratique ellemème s'épouvanterait de leur effort. lis rnnoaissaient déjà assez les libéraux de l'Empil'e pour l'edouter des leur part une opposition sournoise. On l'emal'quera avec quel soin ils leur déclaraient qu'ils acceptaient le.ur pl'Ogramme génél'al, avec quelle iusistance ils leur rappelaient que c'était aux masses ouvriêrcs qu'ils d~,,aicnl leurs succCs de juin; cl c'est avct~ une expérience historique bien avertie, <1u'eux, prolétaires, ils rappelaient à ces bourgeois• que, sans leconcoul'S du peuple, ils n'obtiend1·aienl ou ne consen·P.rnient que difficilement ces droits, ces libertés, qui sont l'essence mèmc d"unc société démocratique ». Sages et fortes paroles! ;\lais, comme ils le pressentaient, les candidats ouvriers et leurs amis « allaient êll'e fol'cés de poursui"re isolément le triomphe de leurs doctrines. • Il importe de connaitl'e les pion11iers de l'idée. Les soixante s'appelaient: AuLel'l (Jean), mécanicien; Barague!, typographe; Bouyer, maçon; Cohadon, maçon; Coutant, typngraphe; Carrai,
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