Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

/llSTOIHE SOCIALISTE du p1·éside11Letde l'assemblée.' lit la chute de relie majorité l'Oyalistc, habituée :t t'onspucr Lo11H:s les iclt.'·rs ou\'riCrcs, n'Ctait point poul' dt'plairc à la mass(' 1 ra, ailJcusr. Tcllrs furent lC's premit·rc-s imprcs~ions pnJltllaircs, les imprcsRions ' dominanlc:--, au moins; et dans une larg<~mesure rllrs pcrsislèrcnt. / La bourgeoisie libfralo, elle, la classe morcnne, était hostile à la dictature militaire qui s·annoneait. :\lais <1u'allait-cllc foire. si h~s ouYriers Il(' se levaient point, les prC'miC'rs, l"ornme de coutume? La gard(' nationale qui aurait pu se réunir spontanémc-nl. cl malgré toulC"S les prl-cautions prises, tenter une résistancr. ne S<" mo11tra nulle- part. Lrs journaux n;pulicains n'a,·aicnt pu paraitre. cl 1·c n'étaient point les dfrisions d'une assemblée discl'<'ditéc qui ponvaient soulcn'1' le peuple. Un grand nornh1·r de dépul(•s s'étaient rl•unis. on l'a ru, dans la rnatinéc, it la mairie du .V. l.'assemhll'C avait, à son tour, pl'odamé Louis-:'.'lapoléon déchu; clic avait entendu de certains dt· ses membres de bien nobles pal'oles; mais cil,· s'i•lail l'Cfuséc à l'appel aux Ul'lll<'S,et clic s'était laissée arrètcr et conduire prisonnii-rc jusqu'à la caserne du quai d'Orsay. Des fenètrcs, beaucoup d'habitants ,waicnt crié en la ,oyant passer: < Vive 'l'J\ssemblt•c ! \ï,c la Constilution ! \ïvc la Hépubliquc! » ~lais ceux-là, sans doute, altcndaicnt, comme de coutume, que l<•sfaubou,·gs prissent l'initiative de la lutte. Cependant, les l'épublicains s'étaient l'éunis plusicul's fois dans la journée, chez C1·émicux, le malin, thez ~1. Coppens, au r~slau1·antBonvalct, chez Bcslay, enfin chez leur colli·gue Lafonll (du Lotl, quai de Jcmmapes. Quclqucs•uns, dont \ïrtor llugo, l'laicnl d'avis de donru.•r immédiatement le signal de la résistance. La pluparl rnulaicnt attendre. Le peuple, disaient.' ils, n'a ,·u dans le Coup d'Üat que le l't'lahlisscment du suffrage t1nivcrsrl et 1:appd à la som·eraincté nationale; il faut quelques heures, au moins, pour le détromper, pour le soule.ver. On rédigea des prnclamations. Le soir, 1111 comité de résistance ful élu : \Ïclor llugo, Carnot, Jules Fav,·c, :\liche! (de Bourges, :\ladicl'-:\lontjau, Schcclchel', de Flotte le romposaienl. I.e comité, réuni à minuit chez Cournct, décida la prise d'armes pour le lendemain matin, Quelques ouvrir,·s du faubourg Saint-.\ntoine ayant assun· que le fauboul'g se soulèverait si les 1·cpl't•sentants de la ~lontagne donnaient le signal, un certain nombre de ceux-ci prirent rendez-,ous pour le lendemain, à la salle Roysin, café socialiste. Le soir du 2, la situation puuvait ne point sembler déscspfr,'r aux l'épublicains. Ils pouvaienlapprendre, en effet, que le président, vi,cmenl acclamé par les troupes autour de n::lysée, avait fié froidement accueilli, contre son espérance, par la population parhdcnnc. l~t le soir, par IC'srues, sur les grands boule\'ards ou au quartier latin, drs gl'oupes nombl'eu, s'animni,•nt, s'irritaient à leurs l'ét·its. Dans les qual'tiers ricbcs, au boulcval'd des Italiens

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