Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

214 HISTOIRE SOCIALISTE qu'elle 11e fùt pas prise en co11sidération, Blanc ,·ipostait; « Si cela est nai, je le regrclle beaucoup, parce que cela me parait i11digne d'u11 grnnd <·orps de l'Etat: je le regrette pa,·,·c que cela nous condamne pour 1011jours i1 des intcrmédiai,·c-s três honorables cl t1·Cs éloquents, mais qui ne sont pas 11011s-mèmes (souligné dans le texte ; je le regrette parce que ,·'est la cootiuuation des ca~tes, que nous voudrions tous ,,oir disparaitre; je le regrette parce que c"esl la négation même du progrès, la porte fermée au nez des tra,·ailleurs •· Girardin proposait aux travailleurs d'apporter aux députés leurs dossiers: Olanc se refusait à ,'tre un clie,IL! - Commc•il disait encore spiritucllcmcnt, « il rentra dans sa blouse, comme les diables ù rcs• sort rentrent dans leur boite, s~,ns avoir fait de mal :i personne n, ~lais ... l'idée reslait et n'abdiquait point. Quelques semaines plus tard, Tolain lançait sa brochure : Q11rl'l11~., ,>êrités ,y11r les éleclù111s de l'nris. Il y racontait les tripotages ,'lectorau:1. de l'opposition; il y pri•cisait les reYendications des prolétaires parisiens ; <'l il y affirmait encore leur droit d'avoir des représentants à eux, comme ~Dl. Emile-Isaac-Eugène Pé,eire el Talahot étaient les défense,11·s naturels du capital .P· 25. La pensée i11spiratriccdc la brochure n'était point fond,,- mentalcmcntdifîfrenlc de celle des déléguésdc Londres: libcrté,le coalition liberté d'association. !'hambres syndicales ounièrcs, accord réel du 1·apit.ol et du trarnil dans la liberté, mais affirmation très nette des droits ou\'l'icrs, des intérêt, ou,ricrs, lesquels ne pcu\'~llt être représe,,tés cl défendus que par des ouniers. Tirant la leçon des élections, Tolaiu indiquait que les démocrates eux-mêmes, les uns"' enfermés dans le cercle cabalistique d·une théorie N, les nutl'CS franchement hostiles, ne souliecdraienl pas les canùidatures ouvrières. Si les travailleurs, concluait•il, lrou\·ent que leur èmancipation se fait trop attendr~, qu'ils se mettent à l'œ~vre. • Le suffrage universel comme le libre écha11ge portent en leurs flancs plus d'une suo·prise dont s'ébahira la vieille société. • Mais ce qu'il y a de nou,-cau, cette fois, dans la broc.hure de Tolain, c'est l'afûrmation que le mouYcmcnt de la candidature ounière est la continuation même du mou"ement socialiste. Quand cette candidature a surgi, dit-il, on a discuté sur des points de détail,• mais il s'agissait bien d'autre chose! Il s'agfasait, en effet, de réclamer 1';11atitt!mtr, le travail et L, capital.. Cbo,;e curieuse, à part les socialistrs, l"cxp<:ricncc du passé n'a éclairé ni lrs hommes d'hier ni ceux d'aujourd'hui » ! Puis, après avoir rapprlé comment le peuple, incapable encore de formuler ses revendications, s'était porlt' d'instinct vers les doctrines sociales, et comment les tlénaocratf's qui se croyaient à l'o.vant-garde avaient tenté d'écraser le sochtlismc eu juin, Tolain continue: c Au 3 décem.hre, on pu.! croire que lr socialisnte a9ait vél·u.. C'élail. "'" erreur. Il s'était luw.srormé. Pendant ces dix années de sile11ce, pendant le c-alme profond l'' peine troublé par la guerre d'Italie. qui avait succédé ou•x mOu\'Omcnls tumultueux de lu place publique, un lent ti·avail

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