300 IIISTOIRE SOCIALISTE affaires, pendant la plus g,·ande partie de l'année jJ. Une mauYaisc récolte de coton, ura• insuflballl'C d~ soie b1·ulc et le haut prix de la laine avaient eu snns doute plus de part, comme 11a monll'é :\larx, à la dépression du commerce, que les querelle~ des pal'lis ou mèrnc celle des.deux pou"oirs; mais les man:hand~ frant;ais 11c :;:l\aicnl pas discerner les causes de leur 'malaise. c·étaicnl, selon eux, les « démagogues » ou << les hallucinés de la monan:hic ✓> « <1,.ii crnpèchaicnl tout progrès et toute industrie sérieuse » ~ et, lorsque en dépit de cc~ deux éléments, le président leur a,·ait promis « le• calme à l'a,·cnir », il avait suscité, naguère, à la dis tri• bution des récompenses de l'exposition de Londres, de frénétiques applaudissements. Qui donc alors pourrait résistor" Les républicains" Les socialistes? Sans doute, lcu1· p,·opagandc. dc\'enuc réformatrice et !égalitaire, toute dominée par l'espoir <l'un irnrncnsc succl·s électoral en 18;;2, leur a,·ait donné dans le pays de nou,·ellcs forecs. Dans !ou tes les classes de la Société, ils avaient rencontré des adhésions, <les syrnpalhics. Tous les bourgeois sincèrement démocrates, tous ceux qui anlient ,·11 Juin, la ~nol'l dans l'àmc, cl qui avaient senti, depuis lors, en p1·0,·i11cc surtout, le poids d'une réaclion chaque jour plus puissante, ceux-là s'étaient 1·alliés à la classe ouvrière, aux démocrates socialistes. Dans le précieux 1·ccucil de documents qu'il a publiés sur les Associa/ions el sociétés secrètes de la Deu.âème République, M. Tchernoff l'a bien mon~·C: en beaucoup de centres, ou,Ticrs et bourgeois s'étaient rapprochés; une p1'opagandc commune a\'aÎl été faite; et une vague espérance du républicanisme social 011 de socialisme modéré remplaçait dans les esprits, les systèmes absolus, oü s'étaient cxp1·imées naguè1·c, dans toutes leur üprcté, les luttes des classes. Contre la réaction conscJ'vaLl'icc grandissante, les républi('ains de prog ..ès et les socialistes se rctrournient. Et tctle était leur propagande que dans l'annêc même, sul'tout dans les armes spé• cialcs, les idées républicaines, ou, comme disaient les p1·ocurcurs qui, yo}on• tail'cmcnt confondaient, les idées socialistes avaient pénétré. Louis-:'\apoleon sa,ait cela. )lais il sa-·ait aussi que depuis deux années, ses fonctionnaires, préfets, sous•préfets, juges, procurcurs•généraux, n'étaient point non plus restés. inactifs. Tout dé\'oués, pour la plupart, à sa fortune, dès 181,!), ils s'étaient mis il la besogne. Tandis que la démocratie tentait de s'organiser pacifiquement, tandis qu'ohscurément, dans un e!fo,.t admirable et trop longtemps ignol'é, les l'épublicains développaient en tous sc11s leur pratique de l'association, la magistrature el l'administration, s'autorisant du décret du 28 Juillet 181,8 sur les réunions et les clubs, confondaient systématiquement les associations et les clubs, les sociétés de secours mutuels et les sociétés secrètes, et, sous ce dernier chef, poursuivaient avec acharnement tout groupement républicain ou soupçonné de l'èt1 e. Partout oi, « un joui· de crise • des sociétés quelconques eussent pu I
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