IIISTOIHE SOCI.\LISTE l'augmeutalion <les .;;alaires n'était nullement proportio11111·•~, la haussr des prix :,,Oil d<'s vi,-rt•~, soit des loyer$, Le délég-ué des 111(.•,·anil'icns dét"larait c: qu'il l•tait SL1rabon<la1nm{'nl p1·011,·(~ que, depuis dix an~. le prix des ohjrls de prcmil•rc néct•ssité a,·ait a11gmc11tl· cfun tiers u. l.r <.h:iégut: d(•s typographes précisait : " Depuis une douzaine d'année~, disait-il, le prix des loyers f'l des suhsista11ce!-- s'est a(•c·ru d'au n1oins :,o ",, tandis que mo11 salaire s·l'sl ü peine éle,·é de!> ù JO O ": au total donc '•" de diminution de hicn-itl'C· "· Et tous les budgets qu'ont dressés, soit en J8ft1. soit <-n l8hi, l<'s délégu(·s des dhcrses corporations allcslenl de nH~lll<' romhirn le clt~ficil était f:u·ilc, combien sou,cnl il élail fatal c.lans lrs ml'nagcs ou, rir1 s d"alors. l.."ou,ricr rn ,oilurc qui lravaillait 278jours pa1· Ali el gagnait, a raison de 1, fr. ;;o par jour, J .2;;1 par an, marié et pCrc d(' cieux en fonts, dépensait, • sans s'écarter . comme on dit, J .608 fr. ï.) : 2.)0 fr. Je loyc-r, l .OH;; fr. de nouniturc 3 fr. par jour, 173 fr. ;.-> d'entretien O fr. 7;; par jour, ;.o fr. de chauffage cl d'éclairage, 30 fr. de frais d'école pour les enfants. Le factrur de pianos qui gag-nait en J8Gï O fr. par jour, donc J .800 pour 300 jours dctravail, marié el pérc de deux enfants, dépensait J.!lï J fr : 300 fr. de loge• ment, ;300 fr. d'entretien, 7;; fr. de <·hauffagc cl d'éclairag-r, 100 fr. de blanchissa::?C, :in fr. de soril'tl· de sct·ours, ïO fr. d\~tole pour un enfant, J.100 fr. de no11niture (sans , in . Dans les ag-glomérations industricllc-s, dans les pays de bas salaires, le <h.~ficit des hudgcls ou, rÎt'l'S t'•tait plus fréquent encore. Sm· dix budl-{cts de nH·nagc de la régi<;n mulhou-.,iennc, 1.. Hcyhaud en trou,·ait six en déficit. .\insi, par l'effet nH:mc des t·irconsta11ces, le plan du g-ou,·e1·ncmc11t impérial se trou\'ait déjoué. Ternies ces populations indu:-itricltc~, tout <"C prolétariat nou,eau auquel il au rail \'oulu faire croire <Ju'il I<' rendait hcureu:x et <ru'il voulait ainsi allachel' tJ sa fortune, n'allait point scntil' sa silualion '1méliorée el n'allait point lui en rend,-c gr:\res. Bie11 pire, n'allait-il point mt:me, inspiré par les démagogues 011 par les partisans drs régimes déchus, al'cuser l'Empil'e de sa misèr~ :• C'ellt été le ch:.i.Limenl. Pendant de~ années, le gouYernemcnt impérial le redouta. C'est une étrange i1np1·cssion que l'on êpro,nc en effet i1 lire sur te point ks rapports adressés par les procureurs généraux de 1852 it 18;;6. Il n'est point de région,c,ü malgré la prospê1·ité industriclJe, malgré le travail qui ,a forl, ces fonctionnaires n'aient à sig-naicr de g1·avcs misères. Dans le ressort <le Hiom, on signale des communes ou sur 2.;;00 habitants, il y a 1,00 indige,nts. Dan:'\ le Xord, malgré « l'incroyable élan de l'industrie et la hausse des salai1·es, il faut établir des ateliers de tra,ail el faire appel nux largesses i11dividuellcs. Parfois même, alors qu'en général le:, cultivateurs, YCndant bien leurs produits, ne se plai~nent pas d'un renchérissement qui les scrl, de mauvaises récoltes, comme celle des pommes de terre en 18~3, ajoutent la détresse parsanne à la misère ou,·rière. « Dans plusieurs communes, on a mangé de
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==