Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

t7G IIISTOIRE SOCIALISTE Dans les rnines de houille, la progression du salaire moyen est la suivante: .1841.,. , . 2,09 1857. 2,1,8 1850. 2,14 1858. 2,55 1851. 2,07 1860. 2,50 18:.1. 2,04 1861. ... 2,57 1853. 2,20 1862 .. 2,52 1s;;,,. 2,32 1863,. 2,69 1s;;:,. 2,35 1867. 2,89 185(i. 2,51 1870. 3,01, Dans l'industrie de la laine à :\lulhouse, la comparaison des salaires de 1847 el de 1867 allestc également de très notables augmentations, variant de 26 à 10:; 0/0. Au Creusot, de 1851 à 1866, la moyenne générale <les salaires s'élève de 2 fr. 56 à 3 fr. 1,5, soit de 35 0/0. D'une manière générale, ce sont des augmentations oscillant entre 10 el 1,0 010 qu'on constate dans la plupart des profossions. ;\lais cc qu'il importe surtout de marquer, ce sont les années où cet accroissement se produisit. li ressort, en effet, des documents que c'est dans la première décade, de 18:i0 i, 1860, cl plus particulièrement de 1853 i, 1857 <1uel'augmentation des salairés fut le plus rapide. On en a la preuve manifeste dans le tableau que nous avons reproduit des salaires du bâtiment. Et l'on peut invoquer aussi le témoignage de la grande enquête, entreprise en 1856 par le gouvernement inquiet, sur les salaires et les prix des denrées (Statistique générale de la France, Tome XI 1). Tandis, en effet, que vers 1853, s'il faut en croire Audigannc, les patrons sone-èrenl it réduire les salaires, en raison du bas prix nouveau de Lous les objets manufacturés, ils furent contraints dans les anriées suivantes de les augmenle.r consiclérabler!}ent, en raison même de la cherté des viHcs. En prenant la moyenne des 59 corps d'Etat sur lesquels portèrent les enquêtes des maires en 1853 el en 1857, on arrive i1 la proportion suivante : Salaire journalier d'un ouvrier nourri. non nourri. 1853 1857 0,()6 1,89 1,08 2,14 Et cc sont les mêmes indications que fournissent les chiffres concernant le h<itimcnl: c'est en 54-5:i qu'eut lieu la hausse la plus rapide. A ne consuller·donc que les chiffres des salaires nominaux, les gouvernants du Second Empire auraient pu se déclarer satisfaits. C'étaient d~s salaires très supérieu,·s à ceux du temps de la République ou de la monarchie de juillet que Louchaient d6sormais les ouvriers. Le phénomène, il est ,•rai, était général, comme était générale alors la prospérité industrielle; mais les tenants du régime étaient tenus d'ignorer que parallèlement les salaires moyens annuels des houilleurs de Belgique passaient de 665 francs en 1850 à 889 francs en 1863, ou que les salaires des ouvriers du b,itiment en Angle-

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