Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIRE SOCIALISTE seront-ils assez élevés pour exempter de soucis le peuple prolétaire et pour le faire croire aux bienfaits de l'"mpirc :' \"oilà la préoccupation essentielle d'un gouvernement de pain ;, bon nrnr<'hé. D'une manière ~t~nt•1·al<', pendant toute la pt·•,·io<lc du Second Empire, lrs salaires s'rw<'rurent cl notahlcmcnl. (,_)u,:lquc-. corporation .... parlairnl bien d'une baissr des salaires: les gantic1·s, par C).1•n1pl<', ,idi111es de remploi clrs femmes et de l'introduction du t1·a,ail par spt•cialité...,. affirrnai("nl que lrur salai,·c moyen, de/• franr~ en J8GO.était d(•seenc.111 ,•11 ISf;:l à :1 rr .. JO {'l :i fr. 25. De 111t\111c,1111 <·crtain nombre <ledélégut'·s oun·icrs parisirns à l'ExJlosition d(' Londres <'taie11t d"a\"Îs quc les salaires n·a,·ai,•111 pas augmenté. )lais c'étaient là des exl't~ptious. Soit, en cffl'l, que ron nunparc les ohservalions rassemblées à 20 ans clc distance par les deux cnquNcurs de l'.\rad~mie des sciences morales el politiques, par \ïllcrmé en 18',0, par Louis Heybaud vers J8û0, - soit que l'on rapproche les statisli<1ues fournies au ~linistère du Commerce pa1· les ruaires de France en Ht>3 et en J8ïJ, ou E'IH'orc les slatistic1ue-s de la Chambre de Commerce de Paris en 18',7, en 18(;0 et en 18ï2, soit que l'on prenne, enfin, les résultats de la grande cnqu,'Le parlementaire décidée en 18ï2 par l'Assemblée nationale sur les conditions du tra\'ail, on aboutira partout à cc mt)me resultat: une augmenlatio11 notable pour l'ensemble des salaires, pendant le Second Empire. li ne nous esl point possible de faire ici une élude dt•tailléc cl critique des chiffres donl nous disposons. Les camarades à qui il est arrivé de consulter ou seulement cl'oun·ir les statistiques tic~ salai1·es sa.vent combien incomplètes étaienl les données qu'ils lrou,·aicnt el à quelles dirficuhés d'interprétation ils se sont heurtés. Une étude scientifique du mou,·cmcnt iles salaires au x1x• siCcle en France fait encore défaul. Contentons-nous donc dïndiquer ici quelques-uns des chiffres les plus carnctél'Îsliqucs et les plus s1irs. Il y a tout d'abo,·d quelqu~s corporations 011 par suite de l'existence de prix de séries ou de certaines rëglcs législatives. les salaires pcu\'cnt être exactement connus : par exemple les métiers du bâtiment et les mines. Le tableau suivant que nous empruntons à l'enquNc de l'Ornce du Travail sur les prix et les salaires (Tome 1\', p. 27:l) donnera dès l'abord une idée suffisante de la progression des salaires pendant le Second Empire. li ('oncerne les ou,·riers du btHiment à Paris : 18't2 1852 1802 18;:l Terrassier . ... . . . . . . . . . . . 2,7;) 2,7;; t, " t, ,. •Maçon ..... . . . . . . . . . . . . . 4,15 ,,,25 5,2.i ;;,.ïO Garçon maçon .......•... 2,45 2,ti0 3,35 ;s,;;o Tailleur de pien·e ........ 4,20 4,2j ;>,:,O :;,;;o Charpentier .............• t, ,. 5 .,. (j ;, (i l, Couvreur . 5 " :,,75 6 ), 6,25 lllenui1ie1· .. .............. 3,2G 3,50 t,,50 ;; ,. Serrurier . ............... 3,25 3,2;; 4 ,. 5 >,

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