Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

!'?O ll!STOIHE SOCIALISTE enfant(dans les manufactures, la concentration du peuple ouvrier dans les grandes entreprises que seuls les négociants oü les fabricants déji, riches, mnnis dcforts capitaux. étaient capables de créer. ~lais la concentration industrielle se produisit alors. ;n·cc une rapidité inouic. Toul contribuait h la..h,ller et à la rendre plus complète; la multiplicité des découvertes dans tous les domaines, !"extension subite du marché p1r ks chemins de fer. enfin le 11011,·C'aU régimcco,nmcl'cial inauguré en 1sno. Si quelques manufacturiers intelligents s'étaient, en effet, appliqnés à réformer leur outillage, beaucoup \'i,·ot:iicnl, produi,anl, pour ainsi dire, juste poul' pouvoir \'Cndrc nu prix du marclu~ intCricul', et encore par une exploitation éhontée de leurs <H1,Ticrs. Le libre-échange fit un<' sélcclion. Beaucoup de filatu,·cs de coton, mal agencées, sombrèrent. Les autres engagèrent des capitaux, l1·ausformère11t J'outillag-c el pr;•:-'pérè1·cnt. La fortune des grandes maisons de Roubaix, qui a,·aicnl d'abt,1d gémi de l'importation des étoffos mi-laine de Bradford. data, pour h plupart, de celle <'poque. Quant,, Iï111Iucnee des décou\"erles industricllPs, sur la concentration des entreprises. l'i11dustrie métallurgique en fournit un frappant exemple. A mesure qu'on abandonne l'emploi du combusliblc ,·égétaJ, cl malgré l'augmentation constante de la production, le nombre des hauts-rourncaux diminue. !.es hauts-fourneaux au bois rendaient par jour de 3 i, 5.000 kilogs dr fonte; en 18Gï, certains hants-fourneaux au coke en produisent jusqu'à :;o.ooo. Les petites exploitations ne peuvent alors soutenir la concurrence; elles cèdent la place aux grandes. Dès 18!i3, tout le mou,·ement s'était déjà en grande partie acconwli : la ~randc industrie-, <l'après la slatislique êtablie ccLLe année-là, fourrdssail à peu près la moitié des 12 milliards de francs qui représentaient la J)roduotion iaclustriellc totale et, sur un chiffre de 3 millions de patrons et d'ounii;rs, auxquels on é,·aluait alors la population in<lus-triclle de la France, elle en occupait près de 1.300.000, dont 1.100.000 ouvriers environ. Une autre oonséquence de la 1révolution économique qui s'acoomplit, ('1e9l l'afllux dans les régions industrielles de la main-d'œuvrc campagnarde; c'est l'agglomération de masses nouvelles dans les grands centres. Au fur ot i, mesure que se pel"Îe<"tionnenl les moyens de communications, qc:e les groupes économic1ues entrent en contact pins direct les uns •vec les autres, les campagnards sentent l'effet •de l'augmentation des prix et le besoin de plus de numéraire. lis sont attirés ver-s 1a ,·illc, vers les régions à hauts salaires, et d'autant plus que la manufacture, en tuant les industries des domiciles villageois, snpprimc . prog1•essivement Jes quelque.s re\!eous d'appoint <1ui assuraient leur existence. Puis les grands travaux aononoéa, publiés et semés sur tout le pays par le gouvernement impérial, appellent ,en foule les émigr-ants saisonniers, et sou,·ent, par leur constance, lea retiellMDt

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