Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

IIISTOIHI~ SOCI.\LISTE li y a ensuite les Serbes qui, en J8:i8, ont rappelé les Obrenovitcb cl veulent réalise,· la Sc1·bie libre, la grande Serbie. En 18G2, les Serbes chassaient les Turcs de Belgrade. Et !'Empereur aura il peut-ètre, à cette occasion, poussé à une conflag1·ation gé11é1·alc en Orient, s'il n'avait été retenu par le sage Thou,·cncl. Celui-ci se contenta de faire restituer Belgrade aux Serbes, jugeant que cela était une satisfaction suffisante il la politique des nationalités. Mais tout cela 11'est que frag-mcnlairc. Cc ne sont que des satisfactions insuffisantes el momentanées que },Empereur <lonnc ainsi, tantôt i, l'un, tantot à l'autre des grands partis ri,•aux. Ce qu'il faudrait, c·est une belle et glorieuse expédition, qui réunirait vraiment tous Jes partis, une exbéditioo qui tout à la fois apparaitrait comme un triomphe de l'idée catholique et de la gloire franc-aise. :Naguère encore l'Empcreul' a,·ait cru en tt·ouver l'occasion, dans l'entreprise italienne; il a,·ait cru pouvoir émanciper l'ltalie cl la g1'0upcr sous la pr-ésidence du pape. Les évènements out déjoué ses calculs. Mais il faut pou1· l'a,·cnir clc la dynastie. que celle occasion se retrouve. Au besoin, on la fera naitre. Ce furent les affaires mexicaines qui Ja fou1·nirenl. Nous ne pouvons ici nous étendre à loisir sui· les idées directrices <lu gouvernement impérial en celte singulière affaire. D"aucuns peut-ètre trou\'Cront déjà que dans celte J1isloire socialiste, nous nous arrètons bien longucmenl i, tout le jeu des diplomates, ù toutes les alternatives de la politique. Nous ne nous en excuserons pas. C'est la politique étr~ngërc, pour la plus grande part, qui a décidé des destinées du Second Empire. C'est à la répercussion intérieure de ses successives a,·enlurcs, qu'il faut faire rcrnonter sou,·cnl les YÎctoires de la liberté. C'est là un cnseignemcnl que le prnléta1·iat socialiste ne peut oublier. La di,·crsion étrangère a été trop souvent le moyen d'étouffer ]a Jutte ré\'OJutionnaire pour que nons soyons inattentifs ü ces cxpériooccs du passé. Le Second Empire a élé constamment. uo gou,·ernemcnl de diversions exlérieures. Il les a pou,· ainsi dire greffées les unes suries autres, cherchant en Italie une di,·ersion glorieuse aux préoccupations libérales renaissantes, cherchant ensui le en Orient ,ou au )lexique une diversion .aux erebarras italiens. Constamment la pensée politique du règne erra de l'Est à l'Ouest, des prjncipautés danubiennes à l'Amérique, 4.onjoors à la recherche de la gloire jncontestée, de la diversion !o'rmidable, ~,oi imposera définitivement, à la nation française le respect d'une dynastie forte et glorieuse. Les diversions échouèrent lamentablement. Jllais il ne faut point oublier que leur succès aurait ache\'é de luer chez 11ous la liberlC. A d'autres points de vue encore, l'expédition du ~lexique mérite de retenir l'attention. Rappelons brièvement les faits : depuis 1821, date à laquelle il avail secoué la domination espagnole, le )lexique était constamment en révolution; les dictatures militaires se succédaient il CO'Ops d'émeu1',s, et

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