Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

132 HISTOIRE SOCIALISTE son commerce, organisait les douanes chinoises, dont il faisait une véritable adminislralion britannique. La France, elle, rendait gràces à Dieu et au général comlc de Palikao d'avoir rendu aux chrétiens d'Extrèmc-Orient leurs biens, leurs églises, leurs cimetières. Sùrcment les Lazaristes, sûrement ;\!gr :\louly ou ?llgr Etienne ne tiendraient plus rnncunc à !'Empereur de sa politique italienne. Et Lous les catholiques pourraient-ils demeurer insensibles à ces beaux succès de leur foi, ou encore à ceux que la France donnait vers le même Lemps aux chrétiens de !'Annam et de la Cochinchine? l'<'étail-ce point pour les catholiqnes encore,« pour ne pas laisser impunis Je meurtre des chrétiens el le pillage des monastères » que l'~:mpercur envoyait solennellement ses soldats sur « celte terre lointaine» de Syrie « riche en grands souvenirs », où des ancêtres héroïques(< avaient porté glo• ricusemcnt la bannière du Christ »? « Pa,·Lout aujourd'hui, proclamait-il, o,, l'on voit passer le drapeau de la France, il y a une grande cause qui le précède et un grand peuple qui le suit. » En Syrie comme en Çhine, la grande cause était la cause catholique : dans les rnontagncs du Liban, des Dru ses, 1nusulrnans, avaient massacré des .\laronites, chrétiens; et les autorités turques n'arnient rien fait pour empêcher les massacres. Le pl'otectorat catholique appartenait à la France. Une expédition partit pour Beyrouth (1858). Le général d'Jlautpoul obtint le châtiment pour quelques centaines de coupables. Mais l'expédition avait failli nous bl'ouiller a,·ce rAnglcterrc, de plus en plus ombrageuse, de plus en plus inquiète de cet interventionnisme uni,·crscl, qu'elle ne pou,·ait croire désintéressé. :\lème les traités de commerce de 1860 ne parvenaient pas à rétablir la bcllé COl'dialité des années passées. ~apoléon, pour l'apaiser, dc,·ait abandonner à une comrnission internationale le soin de régler le sort du Liban. \lais que diraient les Jibàaux? A eux aussi, ne leur faudrait-il point des satisfactions glorieuses? Plus que jamais !'Empereur poursuit donc son rêve d'émancipation des peuples, de libération dûs nationalités. Autour de lui, aux Tuileries, les archéologues, les érudits, :\laury, Desjardins, Duruy, rappellent les titres historiques des nations. C'est le moment où ['Empereur compose sa Vie de César. A l'étrange", par son amie Hortense Cornu, il entretient des relations avec les savants allemands ou italiens. Il favorise leul's recherches: et il se passionne avec eux pour les projets d'avenir que la décom·crte du passé suscite ou entretient. A côté de l'Italie, il côté de l'Allemagne, il y a de tous côtés, en Europe, des nationalités qui se réveillent, de petits peuples qui veulent être indépendants et grands. L'Empereur des Fran,ais va leur témoigner sa sollicitude. Il y a d'abord les patriotes roumains, les Moldaves et les Valaques, auxquels il n'a pas pu en 1858 faire accorder l'Union qu'ils revendiquent. Mais il applaudit le premier à l'unité qu'ils réalisent en élisant pour prince, les uns et les ~utres, Alexandre Couza (1859) ou à la réunion des assemblées à

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