Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

\'I IIISTOIHE SOCIALISTI•: temps, quand I,•!(Ouvernement vient de défier la Chambre, les militants regrcllent que la• journée• du 26 orlobrc 1869, soit manquée. Mais on évite • l'émeu le partielle» par souci des forces qu'il faut ménager pour ln révolution intégrale; cl le 12 février 18ï0, quand Rochefort revient des funérailles de Victoir Noir à la tête d~ 200 000 hommes, et, qu'au moment déeisil, il évite la rencontre avec le11 troupes mnss~es pour la fusillade, Varlin en personne l'approuve de ne pas avoir envoyé au massacre les meilleurs soldats de la Révolution (p. 375). La l]léthodc inventée par le nouveau socialisme a été triple : économique, politique et militaire. ~lais dans le triple domaine del'économie,dc !apolitique intérieure el de ln politique extérieure, elle s'inspire d'un senlimcnL de classe strict, cl justifié dans son fanatisme en cc qu'il se sait dépositaire des seules garanties dont dispose l'émancipation européenne. Celle méthode consiste en une tactique trois lois antithétique: 1° Economiquement, c'est la grtve générale, el sa contrepartie, l'organisntion des multitudes, leur intervention massive dans la défense de ieurs intérêts propres, le nouveau syndicalisme; 2° Politiquement, c'est selon les moments, l'abstention en nwssc, quand il s'agit d'éviter les compromissions politiques av,•c un répul>licanismo bourgeois, inefficace en lui-même, cl déjà corrompu dans ses procédés électoraux ; puis aussitôt après, c'est la mani/estatùm en masse sur une candidature ouvrière; 3° au point de vue de l'action extérieure, c'est la grève des peuples contre la guerre, mais comme contre-partie, la levée en masse, quand il s'âgit de sauver la liberté d'un danger qui peut venir du dehors. Celle méthode n'a pas été établie selon une formule doctrinale et préconçue. Elle a élé imposée fragmentairement par les faits à des praticiens très soucieux de la possibilité d'aboutir, et tous d'ailleurs ne l'ont pas adoptée dans son intégrité. Je ne crois pas exagérer en disant que jamais l'étude de cette constitution lâlonnanle du nouveau socialisme expérimental n'a été poussée aussi loin que chez Albert Thomas. Son expérience du syndicalisme l'avertissait. Des documents connus ou inconnus, mais négligés, sont apparus, sirâcc à lui, avec leur sens véritable, qui montre, entre 1860 et 1870, une classe ouvrière entièrement renouvelée dans son éducation profonde par les nécessités d'une• lutte de classes•, menée désormais avec une intèlligcnce très dégagée d'humanitarisme vague. Les théoriciens nouveaux qui ont surpris cc • secret du peuple de Paris • ou plutôt de la classe ouvrit!re tout entière, Corbon, Compagnon, Vinçard, ne sont arrivés que do nos jours Il la notoriété qui leur est due. Albert Thomas on a dégagé tout ce qu'ils nous apprennent sur le sentiment do classe qui, dès 1860. a régénéré le moral de la population ouvrière. Il utilise les observateurs bourgeois, tels qu'Audigannc, dont les conclusions clairvoyantes vont !!ans le même sens. Les procureurs généraux, là encore, lui fournissent des arguments. Il fait voir comment les sociétés de secours mutuels, en un Lemps où Loule espèce do droit d'assoeiation et de coalition est aboli, assument le rôle des syndicats absents (p. 188-190). Le contact aveo les lrade-unionisles anglais, en 1863, qui lut l'origine de l'lnlcrnationale, fortifie encore le sentiment de la solidarité ouvrière. Les grèves successives soutenues dans cet esprit ont conduit d'abord, en 1861,,à l'abrogation do la loi sur les conlilions. Puis. do lui-même en 1869 le mouvement ouvrier ramène à l'idée, un instant aperçue par Emile de Girardin, de la grève générale (p. 358). Lo théoricien de l'action politique fut Proudhon surtout. Il nous manque ccrtainemenlsur ce riehe,sur cet instable, mais inventif esprit, le livre qui luirendra justice. Mais il ressort des déductions d'Albert Thômaa, en dépit de 1e1 l'tllervel, '

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