108 IIISTOIRE SOCIALISTE rassemhlemcnl des forces italiennes : c1était ~I. de Cavour. Cc granrl scig-ncur, ét1·angcr, aux luttes des partis, n1availjamais eu qu'une passion : l'unité Îlalicnnc. Scrd par une mémoire prodigieuse, une capacité de travail énorme. une volonté de fer, et surtout des connaissances économiques singulières, ducs autant ;, l'étude qu'à l'exploitation ér.Jairée de grands domaines, il sut s'imposer au roi, aux autres ministres, à la nation. Très impopulaire au d<:but. il con,·ainquit l'Italie. Sans phrases, par des actes de bonne administration, par le développement du commerce et de rindustric, il lui donna la certitude qu'une puissance économique, capable de soutenir une année forle, ëtait plus propre à lui donner la libcrté·quc les plus beaux enthousiasmes unitaires. El c'est ainsi que dès 18::»2, il rallia les partis dans le connuhio. Dès alol's les patriotes pi(·montais songè1·enl it une lutte nouvelle contre 1'.\ut1·iche; mais il~ cornp1·ircnl qu'ils ne pou,·aicnl la n-1enet·seuls. li leur fallait des alliances. Cavo111·rechel'cha celle de la France. Pour l'obtenir il était Jll'êt à employel' to11s les moyens, même des moyens douteux. i\lais il fallait allcinùre le grand but. :.\apoléon, au demeurant, ne demandait qu'à manifester ses sympathies pou,· l'Italie. J\ycc du temps et de l'obstination, Cavo11r dc,·ait emportcl' son appui. Dès 18j2, spontanément, l'Empereur avait déclaré au n1inisl1·c sarde qu'il aimait l'Italie cornme une seconde pat1·ic, cl il lui a,·ail exprimé l'espoir de \'Oir « un jour les deux pays compagnons d'ar1nes pour la cause de l'indépendance ». En 18511, nous l'a\'ons vu, Ca,·ou1· avait 11ccordé sans conditions, et malgré l'opposion des autres ministres, le concours des troupes sardes poul' la guel'l'C de C,·irnéc .. \insi le Piémont était-il sol'li de son isolement; cl les minces succès de ses troupes, amplifiés par l1orgueil populaire, avaient rehaussé dans tons les petits l~tats italiens son prestige militaire. Cependant ;\apoléon lll poursuirnitson rè,·e; et les fidèles amis que Cavour avait aux Tuileries, le comte .\rcsc, un Lomba,·d, Yieil ami d'exil de l'Empernur, et le docteur Conncau, fils d'un Français et d'une l\lilanaisc, son compagnon de prison i, 11am, ne négligeaienl rien pour tom·nc1· les impériales rêveries au profit de la liberté italienne. En no,·embrc 1855, quand Cavour cl Yictor-Emmanuel vinrent assister à la clôture de rExposition, ;\apoléon Ill leu.: demanda« ce qu'on pouYait faire pour Je Piémont et l'Italie ». Au Congrès de 1856, il fit d,'jà quelque chose pour clic, en faisant admettre M. de Cavour. Celui-ci n'obtint guèl'e plus que la sympathie des puissances; et l'opposition, à son retour, tro,"·a que c'était peu. !\lais en fait, comme il le disait, « la cause de l'Italie avait été portée à la ba1Te de l'opinion publique» et le Piémont était désormais son avocat reconnu. D'ailleurs, hors du Congrès, aux Tuileries; entre le ministre sarde et !'Empereur des pourparlers amicaux et secrets avaient été engagés. Une très belle comtesse italienne avait même, dit-on, fol't aidé son ministre, auprès de !'Empereur.
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