Albert Thomas - Le Second empire : 1852-1870

ILISTOIHE SOCI.\I.ISTE 103 Simon, Jean H.cynaud; des publicistes comme Laurent Pichal, Frédéric Morin, l·:ugène Pcllctan ~ des pr·ofrsscurs comme \'arh<-rot. Cc c-omit,~ d'anciens 1·épartil les candiclalu1·cs dans les dix circoncriplio11s de Par·is. :\lais, ù rùté <l·cux, des jeunes aYairnl ,·oulu leur parl: il yr-n a,·ail auWUr de :\1. llavin qui ne mancpiaicnl point de talent, tirs avocats surtout., quelque peu dédaigneux des,, ,irillc·s harhrs ..., rl impath·nls d'agir. Parmi Cu"X. Duricr, Ernest Picard.cl surtout 1::milcOlli,·ic-r. Fils d'un ,·icu, n'·pubHcain, d\111 proscrit, de DémosthCne Olli,·icr, - pn~fct des Bouchrs-du-Hh,)nr, à , ingt ans, par la ,·olontl~ de Lcdn1-Hollin 1 cet a\'orat prompt aux harang-uC's c-t au, allocution~, désirait, parait-il. mont1·cr qu\1nc opposition inéductible à l'Empire pou,·ait ne pas exclure une partieipation :'.lctfre i1srs tra\'aux parlemC'ntai1·cs. Comme tous les ho1nmes <le sa génération. il a,·ait soif (rarlion. Il pensait que les anciens avairnt t1·op pa1 lé, trop discuté drs p1·inl'iprs, lrop accumull! et heurté les fonnules gTandio~es. Et c·t·tail ra, is aussi dr ceux qui, comme Hanc, se mêlaient aux. sociétés secrèt<'s .. ~t aux ronspiralions. :\Jais lui, c"était dans l'enceinte parlcnH•ntairc, c'était pat· un(' collaboration quotidiC'nne au lrt\\"ail d'administ1·a.tion. qu'il ("omptait donner autorité i.t l'iùéc républicaine.« Il cst,disait-il quelques jours plus tard dans son programme, une sorte <le dt~mocratic, Ja,·ge, sympathique, qui s'éh1ncr \"ers J'a,·enir. Cette démocratie sait qu·on grandit pal' l'a:,similation et no?l par rcxelusion; qu'en présence <l'une situation uonn'lle. il faut sr tr:insformr1· el non se rèpètcr. Elle croit que le temps des phrases est passé et que celui de la science commence. L'amélioration morale et mat(•ricllc du sorl de ceux qui souffrent, <les lra\'aillc111·s ~ le clé,·cloppcincnl du commcrre, de l'industrie, du c1·èdit: voilà son hul. - l.a liberté: rnili, ses moyens. Cette d<'mol'ral.ie est celle de la jeunesse clPpuis 181 18; je suis uu de ses repr(·scntanls 11. La protection de ~I. llavin ,·alul ù ~l. E. Ollivie,· nne ci,-conscription; la ro11blaraisc du même Xo1·mand, qui publia dans le Sii.•cle, au lieu de la liste arrêtée par le comité-, une liste i.t ~a fa~·on, lui yalut une bonne eircouscription. Les onn·ici-s n'a,·aient pointcu voie au chapitre. Ils allaient Yoler en masse pour les candidats désignés par les comités bourgeois. Ils n'a"aienl ni la. liberté, ni les moyens de s'occuper des élections. L'habile homme qu'était llavin estimait cependant qu'il fallait au moins avoir l'air de penser à eux. Il aYail songé à Proudhon, qu'ils continuaient d'aimer. )lais Proudhon ne tcnail point ü se présenter; personnellement mèmc, il penchait maintena.nt pour rahstcntion. Cc fut un de ses collaborateurs, Dari mon, qu'l ladn choisit. Ces petites mancru,-rés cl'llavin cl de son p1·otégé soule\"èrcut de vives querelles. D'aigres et publiques discussions se 'poursuh·it·ent entre Rmile Olivier et Garnier-Pagès. A Paris finalement l'opposition ,narcha dh·isé.e à la bataille. Et pourtant le succès fut grand : Paris, dans ses circonscriplions u!'haines, nomma cinq républicains sur huit députés à élire. Trois au premier tour, et

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