!02 JIISTùlRI~ SOCI.\LISTE En 183ï, les scnlimenlaux, les irréductibles leoaienl toujours pour l'abstention, el quelques anciens aussi, qui ne corn.prenaient point que l'on pùt entrer dans le Corps législatif de l'Empire. ~lais ceux-là ètaienl mainlenanl les moins nombreux. La plupart étaient d'avis qu'on participât aux élections: il fallait, disaient-ils, user ùe toutes les armes. se servir du tronçon si l'on ne pouvait disposer de rarmc intacte. Et ils ajoutaieol que pour les masses rien n'esl plus énervant que l'abstention. Les proscrits furenl consultés: Ledru-Rollin, Eugène Süc recommandèrent raclion. « Aide-loi, le Ciel l'aidera• r<'pondil aussi Louis Blanc cl dans un long manifeste, il dil la nécessité de la lutte. ,~ Evitez, écrivait-il, que la paralysie ne soit réduite en système. S'abstenir ne servirait qu·ü décourager les bons, à réjouir les pervers, ü fournir un masque aux sceptiques, à livrer les hommes de cœur et i.1 protéger les lùr.hcs. Le nœud gordien ne se dénoue pas de lui-même n. :\lais qne fcronl les élus, si l'on en a O Et beaucoup ne doutenl pas qu'on en ail. Eug-ènc Suc en espère même cent ll'entc-cinq. Les députés, on le sait, doivent prêter serment à l'Empire. Les rêpublicains vont-ils prètcr sermenl à !"homme qni viola le sien, celui qu'ils lui avaient demandé' l.a question de l'abstention élail résolue; ce fut celle du serment qui souleva les débats les plus passionnés. Louis Blanc YOyait dans les élections un moyen solennel cl dramatique de p1·01cstation. Puisque la presse était silencieuse, un refus éclatanl de sermcnl exprimerait la protestation étouffée des masses.« Cc qu'il faul, disait Louis Blanc, c'esl un refus motiYé, de telle so1·tc qu'o;, y entende -vib1·erce grand c1·i qu'a retenu au fond des consciences le succès prolongé de l'allentat par où la liberté de la tribune et celle de la p1·esse onl péri; interrompus, que les élus de la nation insislenl; menacés, qu'ils résistent, jusqu)à ce que la fo1·ce brutale. intervenant, les empoigne ..... Que des hommes érnineols, concluait-il, donnent da11s une circonstance solennelle, un grand exemple de courage civique, croit-on que cel ex.cmple serait inefficace?» Les anciens partageaient pour la pluparl l'opinion de Louis J3lanc. :\lais un certain nombre de r~publicains, des jeunes sui·tout, se souciaient peu de dc,·cnir de nou,·eaux :\lanucls. Ils voulaic:nt être élus, siéger, agir. Garnier-Pagès, Ledru-Rollin a,·aicnl prêté se1·ment sous Louis-Philippe: eux aussi prèteraienl scrmenl, p1·ofileraienl de la Constitu.- tion pour faire entendre des voix indépendantes dans noc assemblée servile. Havin et le pclil groupe du Siècle poussaient de ce cùlé : on fera.it a.u Corps législatif une opposition analogue it celle du journal qui se soumettait aux conditions du régime, et ne voulait pas, malgré qu'en cùt Goudchaux, < se faire supprimer•· Depuis quelque Lemps, en YUCdes élections, _un comité s'était formé, qui se réunissait chez un avocat assez conuu, Desmarets. [l y a,·ail là d'ancie~ représentants, des hommes de 48, Arnaud (de l'Ariège), Jules Bastide, Bethmont, Buchez, Caruot, le gén<'ral Carnignac, Charton, Corùon, Jules
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