IIISTOIRE SOCIALISTli joui', clans lcu1· développement spontané, se sonl rctou rnécs violcmmcnlcontrc la dynastie qui prétendait ks rc'•g1cr.Et la dynastie a été vaincue. CIL\l'ITHI~ 111 Comment, sous 1111 rég-imc d'oppression cl de mensonge, la lutte pour la liberté a-t-elle pu rccommcncc,·7 Comrnt"'nl des prolétaires ,·aincus en juin t,8, ,·ai11('ll~, ('!IX ay.ssi, eux surtout, en décembre ;",)1o, nt-ils pu recommencer cncol'C la bataille po11l'l'{-rnancipalion de lcul' classe:• C'est là cc que doit lente,· d'expliqucl' l'hislol'icn socialiste de celle époque. Dans ks années ml•mcs, où N"apolCoilIll triomphe, un parti rCpublicain subsiste, des pl'olétail'cs l'Cslcnl fidèles i, lcul' idéal. Au temps du Consulat et du premier E1npirc, des .Jacobins, nombreux, s'étaient raJliés i, la fortune de Bonapar'le. ~lalgl'é ses efl"ol'lS,le second Empit'c ne pa1·,·inl pas à rallier les républicains. Il irnposa silence; m;-iis ch.us le silence, les cœu1·s continuèt'ent à battre, cl les tètes à trn,·aillcl', pour la Hi-publique cl la liberté. Lrs chrfs étaient loin, t1·anspo1·lés CHI exilés; loin aussi, partageant leur sort, tous ces militants, tous ces « sous-ofltriers » de l'armée républicaine, qui aux jours d'émeutes ou de manifestation entrainaient la foule, et, par leur propagande quotidienne, faisaient son éducation. Transportés d1.Algéric ou de la Guyane, souffrant de la soif, de la fatigue, de la ,·c,·minc, prisonnie1·s de Belle-lie ou de Corte, en bulle à l'hostilité de populatio;1s ignorantes, exilés de Londres, de Bruxelles; de Cenhc, se débattant péniblement contre la misCrc, ils sont séparés de la grande foule ouvrière ou paysanne qu'ils avaient espéré éduquer et libé,·er, et que le nouvau régime asservit ou cornprimc chaque jour dava,llagc. La douce et ardente Pauline Rolland, l'amie de Pierre Leroux cl de Ceo1·gcs Sand, qui avait.si longtemps rêvé d'une société meilleure, fondée sut· la fédél'ation des groupements ou,Tiers nationaux et étrangers, souffre pendant de longs mois de la pauvreté el de l'exil, et gn\ciée, meurt à Lyon, avant d'avoir pu embrasser ses enfants. Eugène ;\lillclot, un des héroïques de Clamecy, cl qui a tenté de s'évader de la Guyane, est condamné à cent coups de corde cl rncurt au vingt-et-unième. Et combien d'autres succombent ainsi de misère ou de tortures, en _\.lgéric et à la Guyane? · llubel' est à Belle-lie cl implore pou,· sa gl'àce. A Belle-Ile, encore Cambon pioche la lc1Tc cl élè\'e des oiseaux; Commissaire faiL à ses co-déle• nus des cours snr l'astronomie; \\'atteau sur l'anatomie et ]a physiologie; Blanqui sur l'économie politique. Car c'csl là que se trouve le grand conspirateur, condamné au 15 mai. tà aussi csl Barbès, le rival. Une ]ellrc :de cc dernier, lcllrc patriotique envoyée à Georges Sand, lui vau Lla liberté en 1854, mais il s'exile. L'autre, en 1857, esl transporté à Corte.
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