88 IIISTOIRE SOCIALISTE qururs et des niinc1H•: que mon nom reste maudit, si je consentais à y voir drs ,·ictimcs! )) Senard a,·ait ._··c1·il: <« f.a Bt~publiquc vous tend les bras. » Tou:-. deux p:nlaicnt ainsi le 2ü j11i11,dans la lune de miel de IC'ur avènement au pou,·oir. Paroles de bons citoyens, auxquelles il ne manqué que d'être t:onfirrnées pnr les actrs ! l.f' 111t\111r jour it l'.\sscmblëc, il était déposé par Sc·na1·d un p1•ojct ainsi conc,:11: (< 'l'oul indiviçlu p1·is les :urnes à la main sera immédiatement dëporté dans une de 110s possessions d'oulrc-mcr, autre que l'.\lgc'-ric. » L'Algérie t'tait co11sidéré<' c-ommc lt·op voisine: il fallait mettre 1es profondeurs et les espaces des Océans cnlrc les proscrits et leur patrie. A l'article s'ajoutait encore cet' amcndenwnt: ,, Cette disposition ne change rien au droit de la g-uer1·e co11t1·e<·r11x qui auraient commis des actes de trahison ou ,·iolé les lois de lïu1manitt'. p Hien de plus caraclé1·istique que la façon dont fut volé un projrt aussi g1·:1,·e. Q11a11d on demande quïl y ail rapport, discussion, Bonj<'an dr la 111ajo1·itl·consrrvatricc s'éc1•ip: '! Occupons-nous d'une JH'oclamation. cl non de ces dét,1i/s. c·esl misé1·ablc ! îî Le rapporteul' ~lt·aull<' dt'clu1·e quïl foui fai1·f' taire la lég-alité. Il importe que, par une 111c•su1·c de s.llut puhlil', tous )ps hom111f':,; qui ont déclaré une ~uerre rnortellc ù la soci{·h: dispnraisscnl. En cc faisant. dit-il p nous aurons' mérité l'apJ)l'ohalion <Ïf• la Franc<' <'IdC' l'Eu1·opf' entièrr P, Et cela se t1·aduit par deux articlrs: i<"premic1· qui ordo1111r la transportation dans les colonies des indi- , idus act11ell!'111Cnl détenus qui ont Jll'Ïs p:11t il l'insunection: Ir second qui rc•n,oiC' dr,·ant les <·011seils d<' g-11e1·1·ciustitués par Ca,·aig-nac les chefs, faulC'Ut'S ou instigateu1·s ayant co111111i:-- quelque actr aggra"ant leur rébellion. Il c•st à remarquer que l'on changenit r/,;portation en transportation, parce que• la déportation aurait entraîné l'intr1·,·cnlion des tribunaux, tandis que la lranspol'lation pou,·ait se fail'r s.ans jug<'mcnt. C'était une façon de rcsP"<'ler la loi en la toumant. Les repn'scntants de la :\lontagnc réclament au 111oins quelque 1·épil. Peut-on voter dans la fièn·c cette chose monstrueuse, unc- pn,sc1·iption en masse. Flocon rappelle que, chaque fois que des hommes onl ainsi jugé des homme~, l'histoire, ù son tour, a toujours jugé les juges. Caussidiè1·e proteste contre, l'odieuse hypocrisie par laquelle on paraît prendre ainsi l'intérêt des p1·osc1·its: car, si on ks supprime sans autre forme de pro- <'ès. c'est, a-t-on dit, pour les dérobe1· aux furieux qui les assassineraient. lfautrc-:-. font obsc1·vrr quïl n'y a aucunr espèce dr conll'êdc pour éviter ou rn1-rige1· les eneul's possibles : que tout prisonnier est. par cela seul, déclaré rnupahl<·. \''importe I A riuoi bon un contrôle, un jugement:' Jeunesse· ('l "ieillessr ne sonl pas même <les excuses suffisautes. Des amendcm<"nb,, qui proposent <(u'on exempte du "oyagc aux pays tropicaux les prisonniers :iyant plus de GO ans ou moins de 18, voir~ nu'me de JG ans, s<>nt repoussés. On consent que femmes et enfants soient autorisés à sui\'rc les condamnés outre mc-1·; car il vaut mieux que la louYc et les louveteaux s'en aillent aussi. :\lais une rnix cl'ie: A leurs frais! - Encore,les cinq cents prcmiPrs transportés sont-ils enlevés nuitammcnl, ~ans qu'on donnc lrur nom, sans qu'on leur
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