Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIAI.ISTI•: 83 elle, • pour la d<'·fcnsP de l'ordre, de la lihe,·t,· cl des institutions républicaines. >1 Comme Guinan!, commandant de l'al'Lillcric de ]a Garde Nationalr, hésite à canonner le peuple, CaYaig-na<'. pou de dl·eidcl'. lui affirme qu'il s'agit de défendre la Hépuhlique. ~lais \ïllemain, ,·o)rnt passer des cadavres (côté de l'ordre avec celte in~cription funé1·ai1·t·: «:\loris pour la République>,, ne peul se tenir de s'écrier: « Quel mensonge' pour la poslél'ilé ! ~ Oll la v,;rilé est-elle donc? 11est bien certain que des ,·épublicains très sincères ont cru la HépuLliquc allaquée. Dès le déhut de la bataille, Flocon, comme s'il avait honte de <'Cllc IL1llc fratricide, teulc d'en rPjCli'r 1a faute sur l'or de l'étranger cl sur les intrigues des prétendants. On a vu,en cffc1,dcs drapeaux blancs flotter, un comte de Fouchécourt commander une bat ricadc; des hommes ont été arrêtés distribuant des imprimes royalistes et des pièces de monnaie il l'effigie dC' llenri Y, l'éter1H'I candidat-roi des légitimistes. Mais c'est su1·tout le parti bouapartistc qui parait avoir nourri l'espoir de profiter du désordre. L<' fameux journal /"Organisation du Trawdl, f(HÏ prit ll tàchc d'exciter à la haine dc•s classes, était subvc11tiouné par CC'Sbonapartistes. Tandis que le Père IJ11duJne ,net le..:ou,-ricrs c•n g:'ll'dc co11trC'les provocations, une autre feuille,/,.. Petit-fils d11 Pêrl' Dud,ênt•. en est une contrefaçon napoléonienne, qui pratique une politique tlc surrnc·hêre rt "ssaic de lancer, con,re le banquet ù 2.; c·cntimc~ oll les adh(·sions le 8 juin se chiffrent par 165.532, un banquet. plus dèmoCTatiquc enCOI'<', il JO centimes. Avant la grande collision, une soixant;1.inc <l<' pc1·son11cs sont sous les W!I'l'oux pour c-ris et manifestations lumultu<'usrs en l'honneur de Louis ;\apoléon. Pendant le combat, un représentant <lu peuple va cherchant Ir rnt'•me Louis .\apoléo11, qu'on dit caché rue du Cherchc-:'llidi, avec l'inl<'ntion de lui h,·ùlcr la cervelle. Témoignage plus g,·avc ! Louis Blanc cile une lettre qui a été ,·uc par Charras et plusieurs autres; elle était adressée. au généi'al Rapolel et conçue it peu près en ces termes : Londres, 22 j11i11 18118. - Gém.;ral, je <..'0111wivsos sentiments pour ma /a mille. Si les èvh,ements qui se prépor<'nt, to11nu•11t dans un senx qui lui ,çofl ffl,1ornble, l'DllS hes ftlinistrf> de la (.,'oPrre. .:\°A1101.1lol:.\ons BoXAl'AHTIL Dix mille francs en or ont étë trouvés sut· un cnfar?l de quatorz.e ans; bon nombre de bonapartistes figurent parmi les prisonniers. Dans les arrestations faites en province les jours suivants, ils ont ehcorc une place considérable. Par exemple un homme csl emprisonné pour avoir annonc-é en faveur de Louis Napoléon une nuovelle insurrection « qui ne peut manquer de. triompher, parce que les ouvriers sont dégoûtés de la République • J'ai déjà dit la croyance si commune à l'efficacité d'un sabre pour trancher les difficultés sociales. Les bourgeois sur ce point pensaient con.une beaucoup d'ouvriers, témoin la dictature de Cavaignac. Il n'est pas niable que celle opinion contribua au soulèvement de Paris; mai.s il n'est pas niable non plus qu'elle n'y eut qu'une part secondaire.

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