lETTREPRÉFAPCAERA.MILLERAND <1 ) Mon cher Renard, En demandant ü ,·otrc amitié de me dêchat·gcr du poids d'obligations que de nou,·caux dc,·oil'S ne me perrncllaienl plus de remplit\ je savais quel cadeau je faisais aux lecteurs de l'llisloire socialiste. L'œ1nTc a dépass6 mes prévisions. Yous avez élc,·é à la gloil'e de nos dcva11ciers un monument qui dut'cra. llistorieu, vous ne vous êtes laissé entrainer par aucun parti-pl'Ïs. Les é,·èncmcnts cl les hom.mcs ont été jugés par vous sans haine et sans crainte, a,·cc l'exclusif souci ck ]a véJ'ilé. ~on que vous ayez abordé l'étude de celle époque émouvante en obser• ,·a.leur indiffé1·cnt. L'eussiez-vous tenté, l'épreuYC eût été au-dessus des forces d'un homme qui, soit dit à votre honneur, n'a jamais isolé l'écrivain du citoyen. Les id6cs directrices qui ont de lout lcmps guidl' votre action, inspiré \"OS écrits comme votre enseigne1ncnt, n'ont pas cess6 de vous anime1· lo1·sque vous écridez ces pages. Je ne c,·ois pas me tromper en avançant que, de votre ,·oyage dans ce passé si pl'ochc, vous êtes rcYcnu plus allaché, s'il était possible, ,"t notre idéal, mieux persuadé de l'excellence de notre méthode. Quelle leçon pour l'homme d'l~tat que l'histoire de cette période si brêYc et si pleine qui s·ouvre par une révolution pour se clore par un coup d'État! Quelle démonstration saisissante que le temps est uo facteur nécessaire de'toute évolution ! Un peuple brusquement investi du pouvoir souverain, fi l'exercice duquel il ne lui a pas été permis de se p1·éparer, est pour le césarism,e une victime fatale et aveugle. Il ouvrirn les yeux au fond de l'abime, trop tard. (1) Ce(to par&ie de l'Jfotoire sodallsu, qui dcnit primili,·fmeot ôlrG écrite pat le cito_,·eo Millcr:md, a éU ~oafiée par ce detDier, en rai!lioa de JJet multiplet occupalions. •11 cilOJ'eo Gcorg~.s Renard, que ses études loutc• particulières .sur )'épo<1uc de 18\8 désigo_aicnt spécialement ('Our cc travail.
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