IIISTOIRE SOCIALISTE Les masses populaires ne scronl pas les seules à s'abuser. l~ninés par la rapidité cl l'éclat de la victoire, leurs guides ne seront que trop portés à méconnaitre les difficultés de leur tàche pour s'abandonne!' :.t une confiance qui touche à la naïvetC el pour se bercer de décevantes illusions. Les « jollrnécs » dont les dates jalonnent l'histoire de la seconde Hépubliquc racontent leurs erreurs el de quelle crnellc rançon elles furent payées. Mais cc serait considérer sons un angle bien étroit les acteurs de ces scènes tragiques et le drame lui-mème qu'y voir seulement des cneurs de conduite et de jugement, moins imputables à des défaillances individuelles 011 collecti,·es qu'à la soudaineté des évènements. D'autres enseignements, el plus hauts, se dégagent de ce passionnant spectacle. La proclamation de la République avait éveillé d'immenses espoirs. Une ivresse généreuse s'empara des cerveaux el des cœurs. On eut l'impression que commençait une ère nouvelle. En quelques mois tous les problèmes politiques et sociaux furcnl posés, donl la plupart allendenl encore leur solution. Avec quel enthousiasme, quel désintéressement, quelle abnégation les Hépublicains de 181,8lullèrcnt pour la réalisation de leurs rèves, il faut l'apprendre cl en garder pieusement la mémoire. Aucun souvenir n'esl plus propre à relever el à réconforter les courages dans les difficultés el les hasards des lulles quotidiennes; aucun ne iail plus d'honneur à la démocratie française. Elle vous sera reconnaissante, mon cher ami, d'avoir en éclairant son passé, jeté sur sa route des lueurs nouvelles. Afîectueuscmen l vùlre. A. MJLLBIIA~O. I
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