Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE \·aux de terrassement. A ces mesures« draconiennes • s'ajoutent la suppression du bureau de secours el du bureau médical, l'augmentation de moitié d~ns le pl'Ïx des chnu!-surcs et des vêtements vendus aux ouvriers, la suspension de tous les lra\'aux entrepris sur les ehantie,·s. E. Thomas court chez ~I. Falloux pour lui pl'édire le choc effroyable qui va s'ensuivre à bref délai. ~I. Falloux répond que ces craintes sont exagérées. Est-ce tout? Pas encore. l.a Chambre s'est. en sus. prononcée pour le rétablissement de l'impôt détesté sur les boissons, en dépit de Duclerc qui lui dit: • Cela \'Ous amènera des coups de fusil, soycz•en certains. » Paris, le 22 juin, pal' une coïncidence qui n'est peut-être pas l'effet tlu hasard commence la discussion sur le rachat des chemins de fer, el ~lonlalembcrt, qui, depuis le 21, fénicr, n'a\'ait agi que dans la coulisse. Cl'Oit l'occasion bonne pour fail'c sa rentrée parlemcJllairc par un discours oll il le dénon<'e comme le commencement du communisme. Le parti catholique assumait ainsi par tleux de ses principaux chefs, une lourde responsabilité; l'un réclamait impérieusement la dissolution iinmédiatc des Ateliers nationaux ; l'autre s'eff01\·ait de supprimer la suprême ressource escomptée pour occuper les 100.000 sans travail accumulés dans Paris. C'était un double et signalé service ,·cndu à la réaction. On devine l'effet de ces pro,ocations multiples. Les ateliers s'agitent comme un nid de guêpes bouleversé d'un coup de pied. Dès le 21 au soir, ils se réunissent a\'CCles d,·légués des corpot·ations et ils décident pour le lendemain une protestation en masse. En effet; dans la matinée du 22, au nombre de douze à quinze cents, bannières en tête, ils s'acheminent vers la place du Panthéon, qui est le lieu du rendcz-,·ous. Une partie sous la conduite d'un de leurs lieutenants, Louis Pujol, se dirige \'ers le Luxembourg. Ce Pujol, ancien chasseur d'Afrique assez indiscipliné, a signé, après le 15 mai, une brochure intitulée: l'rophét,e des jours sa11gla11ls et là, en style biblique imité de Lamennais, il a Oétri l'accueil que les puissants de la terre ont fait aux revendications des ouvriers. • Ils vous ont dit: Nous avons le droit de vivre en tra"aillanl - cl rnus leur avez répondu : Nous avons le droit de vous laisser mourir de faim ou vous travaillerez comme nous le voudrons.• C'est pourquoi il annonce corn 111c imminente une tempête civile d'oi.1 la Liberté doit sortir radieuse. Harangueur de réunion publique, il devient le porte-parole tic ses camarades cl, introduit a,•ec quatre autres délégués devant Marie, le père des Atelic,·s nationaux, il veut exposer leu1·s griefs. On refuse de l'écouler. Il s'obstine, déclare que les ouvriers sont décidés à tout, même au sacrifice de leur "ie, pour ne pas retomber sous le joug. • Si les ouvriers ne veulent pas partir pour la province, s'écrie Marie, nous les y contraindron1 par la force ... par la force, entendez-\'ous? • Hélas! la menace a été trop bien entendue et comprise, Pujol rend compte de sa mission à ses camarades. On va se redisant que Marie a traité de canailles les délégués des ouvriers. Et bientôt de longues proceaaioaa

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