Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCL\I.ISTE 71 demandé 1.:;00 ouvriers; il s'en est présenté 3.000. Il est injuslR d'imputer à ,m grand ensemble cc qui peut être vrai pour une pditc parcelle; de lransror,n,,r en chômeurs volontaires les victimes d'une crise formidable. Il Il<' raut pas dir,• non plus: le problème est insoluble, avant d'a,·oir rien essayé. Mieux vaudrait fairl' appel au novateurs socialistes, au lieu de les ridiculiser. • • Ah ! voilà! ,, s'écrient à ce moment des interrupteurs. El le Gouvernement >l' tient avec obsli• nation dans la position ambiguë où il s'est placé dès le dét>ut. Tri•lat reconnait qu'il faut faire quelque chose pour la classe ou,·rièl'(•, qui est t,ès digne d'intérêt, mais sans toucher à l'organisation économique\ sans poursuivrl' un nouvC'l+:arran• gement social, qui ne mènerait qu'à la misère el à l'abai$:;enwnt. • En somme, le débat laisse apparailr,' t'n p!Pin rettr lull<' de classes qui <'Il,•,t Ir fond caché. En vain Falloux se r ..rlamr du• pri,wipe qu,, nou$ r<'s1w\'1011est procla,nons tous, du droit au travail, aecompagnl• du dpvoir au travail* ; rn · vain \Volowski prolcslr• dr ses bonnC'~inl{'nlions ('!l'\'C'rlse:- ouvrier-;; <·n\'ain Grandin dédarr qu'un manufacturif'r est un ouvri,'r au~si. En ch·•pil ou plutôt ù rausr de l'efTorlqu'on fait pour la couvrir d'un voil,\ la n•rit,~· l·clatt>; P:.wla• gonisme du capital Pl du trarnil. d(•s habits('[ drs hlous<'Scrèvr les y,•11xks plu, décidés à ne rien voir. Les ouvriers des Ateliers nationaux ne s'y tromp!'nl pas. Le rlt•c,·el qui ,·irnt d'être volé les a moins atteints que les commentaires dont il a ét,, entour,•. Accusés de fainéantise ,·ouluc, ils s,• sentent méprisi•s autant que frappé•,. Ils répondcnl ,·i,·emenl aux allri:ations que Falloux a laissé,•, tombe,·, onlr<' ,•ux du haut de la tribune ,•t prot(•st,•nt M la joi,• q11'ils auraient, si l'on ,avait les c111ployer it des besognes productive,. Ils demandent cJ,,, explications su,· l'('nlè· vemcnl de leur dir,•ctcur, Emil<•Thomas cl ils répètent aver irritation les parol,•s a.dressl'C's à l('urs dl•ICgut~psar If' nouveau 1·ommandanl dl' la ~ar<lP nationah't Clément Thomas. • On vous n•1l0ndra a,·ec 500.000 baionnell,•s. • Depui, le 29 mai, ils se rninissent tous le:-.,oirs ('nlre la Port(' Sainl•D1•ni:-.ri la Port<' Saint-Martin cl lù, de temps en temps. ils cri,•nt . - :\011, l'aurons ! Nou,, l'aurons! - Un silence sr fait. Quoi? - dem,rnde une voix. El la réponse est tantôt: La Hépublique dé,uocraliquc et sociale - tantôt : Poléon ! Poléon ! - JI n'y a pas entre les deux réponses l'abime <1u'on pourrait supposer. Par un phénomène qui s'est n•produit fréquemment au cours <le l'histoire une partir <l<' la classe ouvrière, n'atlcnclanl plus rien de la bourgcoisi<', s.c relourur ver~ un homme, vers un Sauveur, vc,~ un diclalrur. La dîctaturc esl le fruit ordinaire des guerres sociales. Mais; malgré les agt'nts, qui font le jeu démagogi<1ur d'un prétendant, les plus instruits, les plus avi,és de la classe ouvrière. in,·itenl leurs camarades à ne pas courir pareille avcnlure. Les anciens délégués du Luxembourg, d'accord avec ses brigadiers des Ateliers nationaux rédigent une affiche pour les mettre en garde contre toute tentative d'émeute bonapartiste. L<-Lundi 12 juin, une proclamation du général Piat les engage encore à ne pas écouler les faetieùx qui se servent du nom de Napoléon pour les exciler. Cependant le rappel est

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