Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

70 lllSTOIJ=\E SOCI.\LISTE qHarlier général du parti catholique à Paris. C'est celui de Mme Swelchine, une grande dame russe, convertie au catholicisme et ardente comme une néophyte salon qui, doublé d'une chapelle, a un faux air de sacristie et comme un mystique, parfum d'encens. Joseph de :\laistrc est le grand homme (il est bon d'être mort pour passer grand homme) de celle antichambre mondaine du Paradis. Falloux en est l'homme d'action. Rapporteur d'une sous-commission que le Comité dn travail a chargé d'aller visiter· les ateliers nationaux, renseigné aussi par Emile Thomas, il présente d'urgence à la Chambre, le 29 mai, un projet de décret. JI y rend hommage à la pensée mère de l'institution. Il innocente les fondateurs el les administrateurs actuels de l'œuvrc. li fait peser toute la responsabilité du mal sur les ouvriers mêmes qui, pervertis ou subjugues p;ir des camarades, refusent le travail qu'on leur offre, au poiut qu'une commande venue des colonies a dû être transportée à l'étranger. Il conclut à l'adoption des quatre mesures suiYanlcs: 1• Le travail à la tâche sera substitué au travail à la journée; 2° Des crédits spéciaux seront votés pour hâter, par vole d'avances et de prime,s, la reprise des travaux communaux, départementaux et privés; 3• Une feuille de route, pour eux el leur famille, sera délivrée aux ouvriers séjournant depuis moins de trois mois dans le département de la, Seine. Une indemnité de déplacement leur sera distribuée, moitié pendant le trajet, moitié à leur lieu de destination; 4• Le dforet est applicable aux villes et aux communes des départements qui en feront la demande. Ces conclusions ont été admises par le Comité du travail: car Falloux lui avait d'abord demandé (2,, mai) l'enrôlement des ouvriers âgés de 18 à 25 ans et le pasteur Coquercl avait réclamé la dissolption immédiate. Elles sont relalive1ncnt modérées. Mais les considéranls le sont beaucoup moins. Ils représènlent les ateliers nationaux comme une grève permanente el volontaire à 170.IJOO francs par jour, où l'oisiveté est devenue une doctrine qui s'impose par la violence à ceux mêmes qui veulent travailler; comme un foyer actif de fermentation politique; comme une dilapidation quotidienne des deniers publics; comme un milieu corrupteur pour la. classe ouvrière. La discussion (30 mai) ajoute à ~s duretés. Deux grands manufacturiers, Sevaislré el Grand in, cilenl des ouvriers en papiers peints, des serruriers, aes chapeliers, des giletières, qui se maintiennent en grève grâce à la paye qu'ils louchent chaque jour; et, généralisant des faits particuliers, ils déclarent que le travail ne manque pas dans les ateliers, mais qu'un pouvoir occulte, exerçant une sorte de terreur morale, éloigne les ouvriers disposés à; l'accepter. Ils accusent la masse de mettre son espoir dans un cataclysme et ils disent au Gouvernement: • Ou faites l'organisation du travail ou maintenez l'ordre. Pas de demi-mesure! • Joigneaux, Benoit, Michot, Raynal leur répondent en opposant aux faits allégués des faits contraires : c Poul' la mécanique on a.

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