lllSTOIRE S0ClAJ.f8TE 35 sont les adversaire• wén!s de son rival: Lamennais. Ra,ip..il, Ca.hf'l, Blanqui même, qu'il se vante d'avoir reçu la poitrine nue, ûornm~ s'il avait Pll l'héro,:,rn~ de brav:er un vulgaire a&Se,;sin,et dans lequel il ••st étonné de découvrir IPS aptitudes et le tMt d'un diplemate. Quand oo l'accusa plus tard d'avoir couspir,• avec eux, il répondit : • Oui, comme le paratonnerre avec la foudre. • Il entM1dait, en effet, les absorber, pour ainsi dire, et les rendre inoffensifs au proÎll ,1,,, idées qui lui étaient ehères. En même temps, ~larrast mettait !'Hôtel de Villr•en état de défense, demandait des conseils stratégiques aux généraux Bedeau •·t Changarnier, s'a.ssnrait des déYoucments dans la garde nationale, excitait conl1•• Louis Blanc et ses amis ceux dont on voulait faire les mercenai-res de la bourgeoisie, c'est-à-dire 1~ ouvriers des Ateliers nationaux embrigadés et payés pour servir de rempart e,ontre ceux du Luxembourg et les gardes mobiles, irrités de n'avoir pas encore leurs uniformes et persuadés que ce retard était dû à la mauvaise vokmV rl•'S tailleurs socialistes de Clichy. Tout se préparait pour un choc décisif. La tactique des royalistes dé~uisés. qui combatlènt alors derrière les mod,·- rés, consiste à dénaturer e.t à fausser en les exagérant les idées émises au Luxen,- bourg ou dans les dubs, à entretenir et à grossir les craintes qu'elles inspirent ; mais elle consiste ,ussi et surtout à ,alir, sous le bouclier de l'anonyme, les hommes qui les propagent. Il fut lait grand emploi de celle méthode dans le, journaux conservateurs, dès qu'ils se •~rurent ecrtains de l'i1npunité. D'abord prudemment respectueux du peuple, ils s'étaient hahitués, le voyant si débonnaire, à provoquer le monstre, à le piquer, à le hare,,1,:r. comme un taureau m')u au combat. Largement pourvus d'argent, ils pouvaient payer le talent et pousser les gens de lettres d·ans une "oie où la plupart. appartenant à la classe bour• geoise, ne demanda1Pnt qu'à s'eng"g,'r. Ce lurent de, moqueries sans fin sur l,1 sueur du peuple. des parodies de la .1/,irseillai.se. ,1,,, railleries acérées contre 1,·, étrangetés qui s'épanouiss,,nt dans un• grande ville •n l•rmentation. Ce furent aussi des calomm.e~.~ros~ières, t:norm,'",dédaif>'flt••p•:(,,rcela même de ceux qui en étaient victimf',. mai:-, qui sans <·e.-.serépétées. <" 4>Jportées, ne laissaiC'nt pas d•l faire impression. Qui fixera jamais les limites ,1ù p;,ut atteindre ta crédulit<' humaine, surtout quand elle est entraîn(•e par la haine ')U la peur ? Telle feuill,, {,)éga.ntedu mom,,nt. comme le Lampion, lut un• fabrique incessante de bons mots qui étaient souvent de mauvaises actions. De spirituels forbans de 1., pre!!eeinventèrent à jet continu des histoires qui faisaient le régal des salon,, Albert, l'ouvrier. Lonis Blanc, le socialiste, paraissaient dangereux ; il fallait le~ dèmonorer po1JrIP:1annihiler. Et .-ltbert se transformait en millionnaire, Louis Blanc refusait d~ loue,· à des gens du peuple la maison qu'il ne possédait pas, mais dont on donnait l'adresim Faubourg Suint-Germain. Les hôtes du Laxem, i-rg étaient de n,1nnwx Lucullus ; ils prenaient pour nappe un châle de l'cxttoM Amélie ; ils ,,. 11ourrissaient de purée d'ananllll. menu merveilleux pour de, ftlPll""l"D coûta1t>nt6 francs ']Jar jour et par tête. Ledru-Rollin, le démocrate,
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