32 HISTOIRE SOCIALISTE seraient désignés par le vote populaire. Quantité d'intrigurs lurent ourdies pour empêcher cet avènement aux grades supérieurs de personnages réputés dangereux. Tantôt les élections étaient indiquées pour une date très rapprochée, avant que les ouvriers ne lussent inscrits ou qu'ils n'eussent le temps de se concerCer; tantôt on les écartait de l'état-major par quelque manœuvre savante. De là des mécontentements, des querelles, des. pétiLions au Gouvern~ment provisoire. Malgré tout, la trouée s'opérait. Le parti avancé pouvait compter, non seulement sur Court is, commandant en chef de la garde nationale, mais sur Guinard, qui était à la tête de son artillerie; Barhès, Edgar Quinet, hie1.1d'autres, étaient chefs de légion, et, dès lors, il y eut des bataillons (ulèles et des bataillons suspects, qualification qui naturellemeut changeait de sens selon que celui qui l'employait voulait aller à gauche ou à droite. Toutefois, les plus influents et les plus unis demeurèrent les anciens qui avaient l'avantage de la richesse et d'une éducation militaire dt'jà éprouvée. Toutes ces causes de dissentiment se trahirent bientôt par des démonstrations dans la rue. Les bourgeois lurent les premiers à rompre la trève des jours dorés. Dès le 9 mars, surgissnit une émeute d'habits noirs. Environ trois millenégociants et financiers, partis de la Bourse, vinrent en tumulte àl'Hôtel de Ville réclamer la prorogaLion de toutes les échéances à trois mois; et, comme le Gouvernement refusait, un des manifestants éclatait en paroles violentes, révélatrices des haines qui couvaient: 4 Vos ouvriers, disait-il, nous les renverrons de nos ateliers, nous les jetterons sur le pa,·é, nous leur dirons d'aller vous demander du pain, et nous verrons s'ils se content.,ront d'entendre vanter leur patriotisme. • Les Ecoles accouraient pour défendre le Gouvernement menacé. Chaque tentative de pression devait ~voir dorénavant sa contrepartie. Une somaine plus tard, le 16mars,nouvelle manifestation émanant de la classe aisée. Ello est connue sous lo nom de M ani/estation des bonnets à poil ou desmanchons...L'objet en éta,t puéril, à ne regarder que l'apparence.LesCompagniesd'élite de la garde nationalo s'étaiont réunies pour réclamor un insigne dont on venait de les priver en vue de les faire rentrer dans le rang. Une caricature du temps représente une délégation d'ours bruns venant rem·ercicr le Gouvernement cl'une mesure éminemment favorable à leur race. Mais, si l'on va au fond de la querelle, on y retrouve la lutte do classes qui commençait à devenir aiguë. Les riches ne voulaient pas être confondus avec los pauvros; ils entendaient porter un uniforme qui les distinguât. C'était si bien une revendication d'inégalité que, ce jour-là, retentit un cri (jui n'aYait pas de rapport avec les bonnets à poil: • A bas les communistes!• Ces mêmes hommes, soucieux de ne pas être mêlés à la racaille, avaient insulté leur commandant en chef qui s'intitulait: c le général du peuplo •; ils lui avaient arraché son épée, ses épaulettes. Maximè Du Camp avoue qu'ils avaient une vague envie do jeter par les fenêtres une partie du Gouvernement. Lamartine sera'it devenu bon gré mal gré le pivot de la nouvell~
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