Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

Hl TOIRE OCJALISTE 3t CHAPITRE III L&S JOtR:-ri'ÉE::,DB MARS ET D'A1'Rlt. Les connils d'intérêts et d'opinions qui ex1stent dans la nation se répercutent avc~ inlensit~ dans-le gouvernement. Ce qui les aggrave, c'est que tel ou tel grouix, de la population parisienne prctend tuur à tour peser sudes décisions du Conseil et forcer tantôt la majorité, tantôt la minorite, à se soumeUre ou même à se démettre. Quatre questions préoccupent avanttout les esprits. o~uxsont économiques. JI faut alimenter les caisses publiques. Il faut relever le commerce et l'industrie, l(,uL en faisant vivre les sans-travail. Nous en parlerons plus tard. Deux sont politiques. li s'agit de régler le rôle de l'armée et de la garde nationale à l'intérieur du pays. li s'agit d'organiser les élections, qui doivent se faire au suffrage universel, Ce sont ces deux dernières qui passionnent le plus pour l'instant. Le débat porte, d'un côté, sur la date des eleclions legislalives, que les révolutionnaires parisiens (à tort peut-!tre), desirent retarder autant que possible; de rautJ'I:, sur la transformation nécessaire de la force publique. Dès le début, deux idées essentielles se sont lait jour à ce ~ujet. D'abord réserver l'armée pour le service extérieur, et pour cela licencier certains corps, comme les gardes municipaux, qui ne sont qu'une police armée, des me:-re11aire, '1UJ< gages du pouvoir; écarter aussi de Paris et des grandes villes Je. régiments qui ne sont pas laits pour la guerre des rues. Puis armer le peuple entier, incorporer tout le monde dans la milice, jusqu'alors uniquement bourgeoise, att,-ndu que tout citoyen doit être en même temps garde national; c'est le ·droit au fusil réclamé par tout homme valide, c'est la protection de la 11-0Ciété remise à tous ses membres, quelle que soit leur situation de fortune. Le Gouvernement commença par accepter et proclamer les principes nouveaux; mai•. en son sein comme autour de lui, s'engagea vite une lutte sourde qui n'était qu'un nouvel aspect de la lutte de classes. La bourgeoisie se croyait pe?due, dès qu'elle serait noyée dans les masse& populaires désormais pourvues d'annes. La majorité ttu gouvernement partageait cette crainte. On tergiversa donc tant qu'on put ponr armer et habiller les nouveaux gardes nationaux. On arma, on enrôla de préférence les élèves dœ Ecoles. Mais, si l'on distribuait des fusils aux gens des faubourgs, on gardait en magasin les cartouches. Il fallait pourt.aot, sous la pression des clubs et de la presse démocratique, se réaigner à ouvrir peu à peu les rangs aux prolétaires. Une chose inquiétait surtout, c'est que chaqlle légion devait nommer ses officiera. Dans les quartiers riches, les notables étaient sûrs <l'être réélus, mais dans lea quartiers pauvres, on pou,·ail aisément pré,·oir q11P des républicains avancée

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==