28 HISTOIRE SOCIALISTE ,,we signifiait croyance, non pas aux dogmes, mais à l'utilité sociale de l'Eglise. l)ès le lendemain du 24. lévrier, Cousin, pontifo et déserteur de la philosophie, Cousin, dont ses amis disaient: • Il sera cardinal, • s'écriait : • Courons nous jeter dans les bras des évêques; eux seuls peuvent nous sauver•· Thiers, qu'un évêque nommait • ce mauvais petit caméléon •• écrivait, dès le mois de mai 184.8:• Je suis changé. Je le suis, non par une révolution dans mes convictions, mais par une révolution dans l'état social.• Il transportait ainsi dans le domaine politique la formule connue : - Hors de l'Eglise, point de salut 1- Une estampe le montre, un cierge à la main, faisant amende honorable au nom du Consti• tutionnel, le vieux journal «mangeur de curés•. La cause de la religion se soudait ainsi, par une sorte de pacte, à celle de la propriété, voire do la réaction. EL c'HaiL vrai surtout de la ~eligioncatholique, pui~que dans )es endroits où calhoqques el protestants vivaient côte à côte, les derniers lurent régulièrement, pendant toute la deuxième République, connus comme républicains, tandis que les premiers grossissaient les bataillons des amis de l'ordre. Des faits d'une importance moindre, quoique sérieuse encore, vinrent acré· lf'rer ce virement rétrograde du parti catholique. En plusieurs villes, à Lyon, à Saint-Etienne, à Nancy, des émeuLesd'ouvriers s'étaient a~Laquéesaux couvrnts et orphelinats, qui, produisant à meilleur marché avec des travailleurs peu ou point payés, faisaient une concurrence redoutable au travail libre. Jésuites et Capucins en avaient été expulsés comme congrégations non autorisées. Le Gouvernement provisoire avait laissé faire ou approuvé, tarissant ainsi ur,o source de la richesse el de la puissance ecclésiastiques. Puis autre grief. Lamartine, reprenant une idée qui avait été préconisée par Lamennais et par Monta. lemberLdans son je~mc amour de la liberté, avait annoncé au pape que • la tendance de la Hépublique était la séparation plus ou moins rapprochée du temporel et du spirituel•· Il :!vait, dit-il, obtenu pour cette réforme, qu'il considérait comme • la clef de YOûLede la Révolution •, l'assentiment de Rome, de 1'archevêque de Paris, • des hommes supérieurs du clergé•· Mais il faut croire que la perspective d'une Eglise indépendante de l'Etat, mais réduite à payer ses ministres, avait efTrayéceux mêmes qui avaient appelé de leurs vœux ce divorce; car, dès le 10 mars, Montalembert, dans une lettre confidentielle aux évêques de France, les invitait à exiger de Lousles candidats qu'ils appuieraient la promesse de mainLenir le budget des cultes. Enfin, dans un corps atlssi discipliné que l'Eglise catholique, on ne peul comprendre la conduite d~s soldats sans regarder du côté du chef. Or, le pape, dont l'élection avait été saluée • comme une des grandes bonnes fortunes de l'humanité• et qui _avait paru d'abord imbu d'un libéralisme tout moderne, s'était épouvanté de la marche rapide des idées nouvelles. Forcé de dépllSS('rle régime du despotisme paternel, de concéder, le 15 mars, une constitution à see sujets, tiré en arrière par la Compagnie de Jésus, senLan\ la désaffection dee Romains croitre à son égard, Pie IX voyait de mauvais œil uue Révolution dont '/
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