Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

• 3!l(i IIISTùlRE SOCiALIS'rn période de dl•sa1Toi, oll IC'sbesoins sont grands et urgents, que la chose est possible. "t il esl birn ,·e1·tain que l'effort du pouvoir nouveau <levait porter plutùl sur lc•s 111anil·1·cs de répartir autl'crncnt lïrnpôt que sur les moyens de k réduit·r. Or, <.-{·tait une idée courante parmi les républicains qu'il fallait diminuer les impôts indirects, surtout ceux qui frappent les objets de cons<nnniation c-1 qui sont progressifs i1 reboul'S, eu cc sens qu1 ils demandent autant aux paun·es qu1aux riehes et par l'Onséquent un sacrifice proportionncllcmenl plus considérable pour les premiers que pour les seconds. On s1;H'fo1·dail rn rc\'anehe à vouloir taxer dfrcrtcmcnt Je rcvcnn cl même tic faron progrc~sÎ\"C. L'impôt progressif ou 'progressionnel, comme on disait aus,i, n'i-lail pas accepté seulement par les républicains les plus modérés; il élail défc11cl11par cc,·tains économietes, tels que Joseph Garnier cl Léon Faucher. ~lais pour son malheur la République naissait en un moment où les finances de l'i',tal étaient forl mal en point. Thiers était allé jusqu'à dire, dans la discussion du dernier budget de la nrnnarchie, qu'ou élail à la \'Cille crunr catastrophe; le déficit ""ail été la règle ùes années précédentes. La crise industrielle et:commcrciale qui sévissait depuis 18',7 ne pou,·ail qu'accroître ce défiril ri la ,·rise politique et sociale, venant se greffer sur celle-ci, dernil rcnd,·e tragique une situation déjii inquiétante. Le tlrame allait se dérouler en plusic11l's aclcs. Le 21, fé\'l'ier, le Trésor conteuait 1:1:; millions en numéraire, plus 57 millions en ,·a leurs de portefeuille, non immédiatement réalisables (1), C'était peu, d'au la nt qu'il faudrait, nu mois de Mars, en Mer 73 millions pour le paiement dn prcmic,· tl'imeslre de la rente· G 0/0. Or les dépenses à prévoir élaient grosses cl pressanlcs. Dans le premier élan de la llé"olulion les impôls ,·entraient hicn: mais cela ne dura que quel([ues semaines; les capitaux se cachi•rcnt, éi11i1rrèrcnt, par peûr d'abora, par lactique ensuite. Les affaires sarrèlércnl cl le Trésor public fut men~cé d'êl1'c à courl d'argcnl. Le p,·cmier soucis du Gotn•ernement provisoire fut dctrou,·cr un ministre des finances. :\lais la tliche qui allendait le futur ministre élail peu tentante. Elle exigeait des qualités l'(lres, une har,liess<' el une souplcsee d'imagination qui fussent en rapport avec les cirl'onslanccs insolites oü l'on était placé. Le ,·hoix tornba sur un banquier is,·aélitc, GoudchauX, qui était d'une probité reeonnue, qui avait su fo1'l bien mener sa barque et pouvait ainsi inspirer !'Onfiance aux capitalistes. Mais il élaflde caractère à la fois violent el timoré; tout en affichant des prétentions philanthropiques, il voyait rouge et s'emportait en propos in,·onsidéréS, dès qu'on patlail devant lui de socialisme. ni \'oici, d :,.prc• le r,1ppor1 oJUcif'I de Dncns, 1111--1itt,atlonc.Ucl<' .t celle dat(': oo: En rcs111Jll;,le dette io•- nite s'élc,3it i\ li mili lard~ !95, millions. - L~.sbud,:?<'tsanltiricors, :aprc!;avoir ab80rbé les réscnu de 1 nmorti8"'<'111c11Jta, i..,•ai<'nl :1 la "h11rgc.• de la dette Roi ta Dit un~ somme <le 281 millioat. La delle Rottante atteignait le d1iffrc de ~GOmillions. - Le budget de 1848 ,tait l'égll' avec ua dkou,·crt de plus de it million1'. - Le-:. ré~(•ncs de l'amo.-tisscmeot élaie11t absorbeès ju,qu'en 1855, cl m~me juSt1u'en 1S.::.9, 11

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