Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

11ISTOI HE SOCI.\ I.ISTI•'. 1.,\ 111~1'.\lr!'ITION CIIAPITHE X L.P. 111ic1:1rn OE 1.,\ l'R0PBIÊ'1'8 LI l~I.~ Dll'OIS La clistribulion de la 1·ichcssc d;111-;un pay!'. n<~ t·lta11µ·c g-uèrc en quat1·r ans, à n1oins d'un houlevcrsrmcnt profond des forlunrs cl dr la hié1·al'chie sociale-. On sait qu'il n'y cul rien de tel en 18',8. ~lais clic p~ut è11·e nu)difiéc de faron dircclc pa1' des rhangrmunls apporlé:-- au 1·êgim(' lt~gal de la propriétt; ou indirede111rnl par l'irnpôt. L<' prC'micr proct:dé a étl· peu cmployc.: sous la Druxièrnr Hépuhliquc. Le régime dC' )a p1·opriél6 a <'.·té discuté. n1c1H1C'é; mais il a été dCfendu ;, outra11cc et il a tenu ferme comme 1111roc. Il y e11t cependant quC'lqucs attcinles au droit de propriété lei qu'il existait. Au 110111 de la dig-nité humaine, il lui fut interdit dt· s'étendre- ch~so1·111aissur lc-s personnes. Les cscla\'es passèrenl du rang de choses au rang dïwmmc$. Cc ne ful pas sans doléan<'CS de la part des 111ailrcs. Le C-011,·crncmcnl p1·0, i:,.,oirc ful ;l:<_'('IISé d'a,·oir ruiné les ro1onies. cl i1 rf:.l bien cerlain que l;l <·ommr partout ailleurs 1a lransilion d'un mode de l1\avail ,\ 1111aut1·e fol pé11iblc. On arl'Ol'da aux colons la <"ompcnsation. qu.'on refusait au., lra\'aillcurs pass:ml du trantil à la main au lra\'ail mécanique. La loi du :io an·il 18 1 1n leur alloua une indemnité de six millious en titre~ de rcnle l'l de six millions ('Il numél'ai1·e, somrnes sur laqucllcs on prélcYait de quoi établir u11c banque de prèl et d'escompte ù La Réunion, à la ~lartiniquc rt à la Cuadcloupc. De plus le suerc venant des colonies fut exempté de taxe:-; mais 011 ne J'C\"Ïnl pas eu an·iCrc. Il fut acquis que nulle leJTr françaisr 11epeut p111s porter d'esclaves, comme disail le ùCcrct du Cou\"crncmcnt prOYÏsoirr. J'ai montré eommcnl lapersonne dos débiteurs ne pl'ofita que rnornontanémcnt d'unr émancipation analogue. Quant à la propriété foncière, ù peine si l'on peul signnle1· lïnlcrdiction des majoral§ à deux degrés, qui Otaient des domaines inalië11ables ronstitués au profit des ainés des farnillcs nobles. EntOl'C ne faut-il pas y voir un pas ùa11s la voie démocratique; c'était plutùt, comme l'abolition décrétée des litres de noblesse, l'achherncnl de la '"icloirc remportée en lïS0 cl en t8:!0 par la hourgeoisie, 11n moyen d'cmpèchcr la propriété féodale de se reformer. Un autre projol de loi atteignit la propri(·té de 111ai11•morto, celle des élahlissemcnls et sociéLés 1 qui, 11c mourant jamais. acquièrent sans cesse et sans t·essc grossissent ln Rommc de leurs biens: tels élaicnl les hospicns, les ::-éminaircs, les fabriques, les t'ongrégfltions religieuses. Grévy, en qualité de rapporteur, fit remarquPr que la masse de l'es biens csl retirée

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