Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

HISTOIRE SOCIALISTI~ '!' Il C'sl birn heureux pour les homnws tJUÎ ,·ornlr.iic11t iminohilis('r l•· mon<lt' ('! ar1 t~trr la tnal'd1e <le l'humanité qm.' <'CltCu' topie du eom1111111i-.1s1ewsoit produit<' ... >) - • Ainsi, ajoutait-il, 1 l~tal ~e ferait communiste. sïl ,le,·cnait p,·oprit:laire d,·s chC'mins d,· fer! Est-ce que l'l~lal ne possèdt' pas l<'s roulf'S natioual,'s. d,:parl('mcntales ci c-ornmunalc:,,, .1 L'l::tal est don<' conununi-.LC' .' E~t-cc qu(• ri'.:tat 11·f•11trcti<'nl pa,:; 1, grande;; frais dt· no111breuses institutions, l'armée. la magis1rat11re. rrniw•rsit•: 'L 1::tat e'-1 donc c-ommuuiste 1 Et Louis XJ. qui créait la poste. t:tail clollc communist1• . 1 Il concluait q11 1ù cc compte <c les premiers hommes qui ont ~racé un sentie,· sur notre globe ont élé de~ communistes. >> Un autre essayait dC' rappeler que le dosage entre la propriété indi,·iducllc cl la propridé collcctin~ a été, dans le cours des siècles, infinimrnt ,·ariabk cl qu'en particulier, sous la prcrniè1e H.é,·olution, les droits féodaux, possédCs de temps immémo• rial par certaines familles, ont été rachetés ou ml'me abolis sans 1·achat. Un troisième disait que la vapeur, cc 1ncn·eiflf'ux insln1ment de ci,·ilisalion décou,·crt par la scieuc:c, de,·ait, sous unf' Hëpubliquc digne de cc nom, t.~lrr utilisée au profil de tous cl non plus seulement de quelques-uns. On faisait remarquer quïl y a,·aiL une audacieuse ironie à confondre l'esprit fraternel des assoriations ouvrières aYC<' l"csprit de lucre qui était l":.\Jne des grandes Compagnies capitalistes. On in,·ilaiL à ne pas oubliel' comnlent les traités conclus a,·cc n::tnl a,·aicnt ét(> peu loyalcmenl établis; comment les adju- <lications avaient èté df's lrompe~I'n•il: comment les concessions a,·aienl été voté!'s par ceux mêmes qui clC\·aienLen bt'néficicr; coir1n1cnt, depuis le 211 Février, les 11ou,·elles COll('Cssions. au lieu d'être consenties pour 90 a11s avaient été sans peine restreintes i1,,;; cl mi'•mc it 30 ans. Enfin l'on déclarait, qu'au point de ,·ue financier raffnirc ëtaitbon11c; ea1• l'lttat, d'ap1·ès ses engagements, a,·ait encore ù faire, pour le compte des Compagnies, 3U millions cle ll·avaux, jus le la moitié de t·e que devait col1ter le rachat complet, cl, en rns de guerre, la lo<•;üion du matériel pour lf' transport des troupes, des vivres, des munitions pou,·ail prt~ter :1 des é\'aluations qui sel'airnl pour le budget une énorme charge supplémentaire. L'histoi,·e a clérnonlré depuis lo1·s que sur ce dernier point les orateurs de la gauche étaient bons prophètes. L'Assemblée était peu disposée i, voler le rnchal. ~lais elle n'eut pas la peine de se prono1we1· sur le fond de la question. Le 23 juin, au milieu de la discussion, entra le général Cavaignac, apportant des nouvelles <le la bataille engagée dans les rues de Paris cl la gucnc civile absorba dès lors toutes les pensées. Ce ful Je coup de mo1·t pour le rathal des chemins de fer. La discussion ne fut jamais reprise. Ce n'est pas seulemf'nt le prolétariat qui fut ét"rasé dans la bataille; on peul dire qne le program,nc radical de réforme économique resta aussi sur le carreau. Dès le 3 juillet, Goudclrnux, rede,·c1n1 ministre des finances, relirait de l'o1·clrc du jour les projets de son prédécesseur et, dans la séance du 14, il déclarait renoncer au principe de la reprise par l'~:tal des voies ferrées. Antoine, représentant de la ~loscllc,

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