.160 IIISTOIRg SOCIALISTE pondnn<'<' 1·rndus pins faciles cl moins chers, les campagnards pou\'aienl se mrllr<" it ,·oyag-c1· et it écrire comm(' des citadins. On ne soupçonnail pas lr puissant dl'ninagc que lrs voies fcnécs allaient exercer sur les produits dC' l'a~rirul1111·r. En défendant les Compagnies, on se pique de défendre la libcrlt~ con Ir(' le monopole, comme' si elles n'avaient pas eu un monopole de foit: on iu,·oquc l'exemple de l'Angleterre cl de l'Amérique, hien qu'il fùt peu applicable en l'espèce; on rappcll,· mème que, lors de la première Révolution, les hiens des émigrés cl du clergé, au lieu de resler propriété de la nation, ont t'lé \'en<lus it des particuliers. On ajoute que rrxploitation par n::1aL sera néccssairernt'.'nl n1incusc cl mauvaise; qu·enfin, au moment ol1 l'on parle d'cncoul'agcr l'association parmi les ouv1·icrs, il csl singulier de dépos• sédcr des Compagnies qui sont aussi des associations. 3° La mesure esl impolitique. Non seulement le vide du trésor interdit une opération qui, au lieu de se solder par623 millions, comme le prélend le ministre, en co1Hera L200; mais aussi cl surtout, c'est le <'ommenccmcnt du conHllunismc. Un orateur\ :Morin, dénoncè l'engrenage oll la société scm prise et broyée : « Apn'•s les chemin,; de fer, on nous demandera Jcs assurances: puis sans doute l"s mines, 1,,~ canit!rC'~, les messageries; puis 1wut-t•t1·e les grandes manufactures. enfin tout CC' c1ui est le rt!sultat d'un d(,\·cloppement induslrÎ('l énergique cl fort. Syst('me dt~plorable qui fail <le l'l~lat le cher. le régulateur de la production: d~s citoyens une ,i;rmée ,IC' ('Ommi~ cl de fo11ctio11naircs ! Système qui paralyse les forcei,; vi,·cs de la nation en les i,;o\rn1('ltanl à nn joug humiliant <'l uniform(' ~ • ~1ontalcmbcrt s'empare de quelques lignes de Proudhon, l'enfant terrible <lf' la RC'\·oJution, rl il lit l1Pxlrait st1Î\·ant: « Oui, c·<'sl de fa question de \'OLl·e propril;tf' et de ,·otrc SO<'Îéh.: qu'ils agit: oui, il s'agit de i-uhstiluer la p,·op,:iété légitime â la propriété usurpée; oui, la remise du domaine public de la cir('ulalion à 11::tat<JU<' ,·ous a,·ez exploite.< etdéposséd,~ est le pre• micr ann('an de la chaine dC's qu<'slions ~o~ialcs, qt11~ la Ré,·olution de 18'18 relient dans les plis de sa 1·obc: ,irik ... » Dr,·ant l'Assemblh effarée, l'orateur catholique é\'oquc un spectre dont on devait lant user et abuser; il demande si l'on \'Cllt faire de l'l~lal « l'enlreprcncur dr toutes les industries cl l'assureur de toutes les fortunes)>: cl, sui\'anl les pa,·oles d'un autre orateur, le décret est combattu comrne étant «.. l'expression d'un systè1nc de communisme, de dictature parisienne et d'un gouvernement de pachas.» Que cle,·enail en tout cela l'intérêt si pressanl des travailleurs? Cordier tenta cc tour de force de démontrer que le rachat étail contraire à leurs Întérèts; il soutint que le travail fourni par l'Élal ne pourrait jamais équivaloir à celui que donnerait l'industrie privée. L'argument élail faible; on n'y insista pas; celui qui porta vraiment était l'exploitation de la peur rouge. Les répliques ne manquèrenl pas. Mathieu de la Drôme, qui était Mmor1·atr, non socialiste, déclara railleusemeol:
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