Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTùlRE SOCI.U.ISTE glcr avec les chiffres, rbabilc parlementaire a,·ait commis des erreurs étranges, major<' du double, pcut-ètrc pour effrayer la bourgeoisie par l'énormité du sacrifice qu'on lui demandait, le chilfre donné par Proudhon comme produit probable de l'impôt proposé; qu'en re,·anche il O\'ait diminué ,, plaisir le total des revenus sur lesquels cet impôt devait porter. Il répétait que le bon marché général des produits et du crédit était un bénéfice, par cela seul qu'il stimulait réchange el que dans tout échange vendeur el acheteur gagnenl nécessairement, sans quoi l'échange n·aurail pas lieu. 11 ajoutait c1uc rc bon ma1·<·hé amè11crait un nivellement entre Jes fortunes et rapprocherait de l'égalité économique, si bien que les ,·estes s'allongeraient en redingotes sans que les ,·edingotcs perdissent leurs pans. 011lui objectait que le crédit vient de la confiancl' et que la confia.nie ne se (·ommantle pas plus que l'amour.)l rëpliquait <1ueces réalités qu'on avait sous la main - propriétés, offres de Lrnrnil, produits - valaient Lien les haionnettes pour ramener celle confiance qui ne revenait pas. Il reconnaissait que son impot ne frappait pas tout le monde également, mais oir donc était-il, l'impôt qni al teignait de façon égale toutes les catégor·ics de ln population~ Il c,,t fallu des ar·gumenls autrement probants et clai,·s, je ne dis pas pour convertir des ac.h-c1·saircs qui ne \'Ou laient pas être con,·ertis, mais pour rendre seulement intelligible el désirable à Ja foule coite amputation uni,·erselle que Proudhon rédamail. lllais il avait obtenu le seul succès guïl p,H se Raller d'avoir; il avait fait scandale et il o\'ail épou,·anté la propriété en la sommant de rcnonce1· à son droit absolu d'user et d'abuser pour se transfor• mer en u11 simple usufruit. li récidiva en saisissant la Constituante d'une seconde proposition qui ne fot pas discutée. Elle consistait à décréter d'une part un empl'Uul forcé cl progressif de deux milliards, exigibles en quatre ans sur tou_te cote de contributions supérieure i, 20 francs; d'autre part la réunion de la Banque de France au domaine public. Ln Banque, devenue nationale, serait une banque d'échange, La combinaison reposait sur la suppression du numéraire qui allait devenir inutile. En effet, il serait remplacé par une lettre de change d'un genre particulier. Payable à vue cl à perpétuité, sans clistinctiÔn de lieu, de date, de personne, elle de\'ieodrait presque l'unic1ue monnaie; l'or el l'argent seraient réduits au rôle que joue le billon aujourd'hui.Mais c1u'eot--0e qui donr,crnit une valeur à cc papier social? Qu'est-ce qui le garantirait, le gagerait~ 11&erait garanti par les souscripteurs de la Banque, lesquels seraient Lous les producteurs et tous les négociants de la nation, qui se créditeraient ainsi les uns les autres. Il serait gagé par les produits eux-mêmes auxquels • correspondrait toujours une obligatiou en règle. Au lond, la combinaison était analogue à celle d'où naquirent, sous la première Révolution, les assignats, qui de,·aient primitivcment•·eprésenter des morceaux de terre. Seulement ici toutes les valeurs pos&iblcs- mèmes Jea olfre1 de travail- seraient

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