Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE 011 chirog-1·aphaircs, tous porteurs d'actions ou de rentes feront remise i1 leurs locataires, for111ie1·s, débiteurs du tiers de la somme qui leur est duc. Lc-s fonction,rnircs et pensionnaires de l'l;:tal su biro nlu ne réduction progrcssi, c de leur traitement. Les salaires scrontdiminués en proportion. Les sommes ainsi abandonnées et é,·aluées à 1.500 millions reviendront par moitié aux débiteurs, par moitié à l'Ètal. La moitié qui entrera dans la caisse des pa1'licu1icrs doit scrdr à ranimer l'industrie. A cause de la réduction géné1•aledes frais, toul sera à bas prix cl toutes les calégo,)es de la population rctl'OU\"Cronl en bon marché cc qu'elles auront perdu en rc,·enu. La moitié dé"olue à l'l::tal doil servir à réduire les frais judiciaires de 30 0/0, à supprimer les conlribulions directes cl indirectes, à créel' des comptoirs d'escompte, des banques, cl à garantir aux travailleurs le placement de leurs produils.,sous déduction de JO 0/0 du p,·ix de revient). Tels étaient les articles essentiels du projet. Quelques autres ne manquaient pas d'irnportancc, mais répondaient à des circonstances momentanées. On sait l'orage que déchaina celle proposition, les insultes qui furent prodiguées à Proudhon el les efforts qu'il fit pour les mériter; mais on discuta aussi et Thiers combattit la conception financière de son adversaire. Il affirma que, si tout le monde sul:-issait une réduction égale sur ses revenus, personne n'aurait l'ien gagné ni perdu; que tout resterait en l'état, qu'il n'y aurait rien de changé que l'apparence. Il contestait ensuite que le sacrifice f,it égal pour les différentes pa1-ties de la population; il soutenait que les petits propriétûi1·cs, habitant leur maison, exploitant eux~mêmes leur domaine, seraient épargnés, tandi~ que les autres seraieni fortement alleinls. (Et c'était sans doute cc que souhaitait Proudhon). Il prétendait ensuite que cette mesure insolite irait contre son propre but; qu'au lieu de ranimer l'activité commerciale et industrielle, elle l'amortirait en alarmant les capitaux. En fin il contesta il les chiffres de Proudhon, soutenant à grand renfort de statistiques douteuses que cel impôt du tiers produirait, non pas trois milliards, mais à peine 320 millions; que la moitié revenant à l'État ne dépasserait pas 160 millions el, que, par conséquent, les espérances fondées sur ce budget supplémentai1·e étaient tout à fail chimériques. Proudhon répondit. « Puisque ?Il. Thiers avait fait de la pasquinade, ditil quelque part, je ferais, moi, de la fascination. » Laissons les formules et procédés oratoires pac lesquels il essaya de fasciner son auditoire, el la déclaration mena,antc qu'il lui jeta en finissant : « Le capital a peur et son instinct ne le trompe pas ; le socialisme a les yeux sur lui; les juifs ne rcdend!'ont pas; je le leur défends. » En fait d'arguments sérieux, on trouve ceci: C'est unjmoyen de réaliser Je droit au travail; car Je travail sera garanti, si la production est sans limites, et la production sera sans limites, si l'on donne à la société entière la faculté de consommer selon ses besoins, Or le moyen d'augmenter la consommation, c'est de délivrer la circulalinn

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