Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRE SOCIALISTE ragrirultu,·c française, sinon par ses résultals immédiats, du moins par l'impulsion qu'elle lui a donnée. Lenlemcnl lra11sformée au cours du siècle par J'inlroduclion de plantes et de méthodes nouYclles, par le dé\-cloppemcnl ~leg ndturcs maraichères et industrielles qui correspond à la croissance des illes. la production agricole, donl l'acc,·oissement régulier fut supérieu,· i, ,·elui de la population, avail élé, sous Louis-Philippe, reléguée au second plan par l'essor fiévreux de l'induslrie. La secousse-de J8t,8 l'arrache i, celle to1·- pcur relati,·e en mc'olCtemps que la classe qui s·y voue; elle les remel toutes deux en honneur et en n,e et les lance clans la voie du progrès scientilique el o·apide. La production industrielle subit alors, au contraire, un arr(~t notable. L'industrie française a,•ait été, peut-on dire, frappée en pleine mue par la crise européenne de JSt,ï. l~n beaucoup d'endroits elle passait du régime de la pclite industrie i, celui de la grande, du travail à la main au travail mécanique. C'était vrai surtout pour la métallurgie et le tissage. La transition, toujours coùteusc pour le patron, parce qu'elle exige un renouvellement d'oulillagc, toujours pénible pour l'ounier, parce qu'elle diminue momentanément le nombre des hommes occupés el permet de les remplacer par des travailleurs ,i.:oins payés (manœu,-res, femmes et enfants), avait eu ses effets o,·dinaires : d'abord augmentation des frais généraux que les patrons essayaient de compenser en augmentant la durée du travail, en diminuant le prix de la main-d'œuvre, en imposant à leurs salariés des retenues destinées à payer le co,H des molcurs et de l'éclairage, parfois en commettant des fraudes ù leur détriment; puis surproduclion, due i., ce que les muscles d'acier des machines ne connaissent point la fatigue et aussi à ce que chaque chef d'ent,·eprise, forcé de les faire travailler sans répit pour ne pas laisser do1·mir le capital qui s'y t1·ouve incorporé, emporté d'ailleurs par l'excitation de la concurrence nationale et ëtrangèrc, ]cul' demandait leur maximum d"acti\'Îté sans se préoccuper de proportionner la quantité des produits à la puissance d'écoulement des débouchés ouverts. II s'ensuivait, pour les ouniers, une situation misérable, dont on peut placer le plus bas degré, en Frnncc, aux environs de l'année 18!,0; pour le• patrons, une prospérité précaire qui était à la merci du pre,ùier engorgement dans le marché encombré. Or, si les petits métie,·s d'autrefois pouvaient vivre et souffrir isolément, les différentes branches de la production, sous Je régime de la grande industrie qui comporte i1 ses débuts un accroissement dans la division du travail, sont, par li, même, solidaires les unes des autres. A supposer que la filature du l'Olon vienne:, èlrc suspendue, les tis~e.ran<ls, Jcs mécaniciens, les fabricants de chauclièl'CS, les ,·endcurs de houille, les mineurs, bien cl'au.tres catégories de tra\'ailleurs sont atteints du même coup. Le malaise, le chômage se propngent comme une épidémie. La crise économique tourne-au désastre,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==