:124 HISTOIRE SOCIALISTE diffirultes budgétaires ne pel'rnircnt pas de réaliser tout ce qu'on cspél'ait; on a~randit cl transforma du moins les établissements d(·ji1 existants de Grignon, de la Saussaye, de C: randjouan; 011 en Cl'éa beaucoup de plus modestes: on introduisit au Conservatoire des Arts cl :\létiers des cours d'agronomie et <le législation 1·t11·alc. J.c vent soufflait si fort en cc sens que la science cl la littérature m~mcs se lournèl'enl de cc c0lé. En 18:i0, parait le Cours élèmt1ntaire d'agriculture de Gi1·ar<lincl Oubreuil; en J831, un Préeis ,l'ngri('u/ture de Paycn c~ H.ichnrd. C'est aussi le moment oll George Sand, renonçant 1111xromans de passion· et de 1·êformc sociale, va se mettre {1conter la ,·ie des dtamJ)S cl les mœurs pillorcsques de son Berry. Le li Fénic IK,J, il fui question de nommer une nouvelle Commission pour rechercher les causes de la dét,·cssc agricole el les moyens d'y remédier. On songea surtout:, coloniser l'.\lgérie: on vola sans hésiter 50 millions à ,·cl effet: on proposa nH'mc que chaque dépa,·Lemcnl de la mèrc-pat,·ie ,T(•:H un village dans c..·cllcF1·anec d'Outre-mc1·; on fit des coquètes sur les ,·olonics ac:1·irolcs de Suisse. de Belgique, de llollande. Enfonlin aurait \'Oulu une administration ,·i"ile cl de ,·asles exploitations dans lesquelles les ln~u,·gés de juin et les indigènes au l'aient trou,·é une égale occupation cl un ,'gal profit. On préféra un autre système oi, les idées de Trélat se mariaient "erlles de Bugeaud, de Bedeau, de Lamo,·icièrc. La loi du J5 septembre 181,8 dêl'ida l'en,·oi de 12.000 colons volontaires dans l'Afrique fra,u:aise et elle fut d'autant plus \'Olonliers adoptée qu'on espérait ainsi, c·omme :, llome au krnps des CraC'qucs, se dêli\'rc1· utilement et humainemeul du lrop plein de la population des villes. Quarante-deux ,·illagcs furent c,-éés en consé- <1uenre. On donnait à chaque famille d'émigrants un lot de 10 à 12 hectares, une maison b~ilie, des instruments de labour, des semences, un peu de bélail et des secou,·s en argent. Les possesseurs de ces petits domaines ne ,le,cnaienl propriétaires qu'au bout de la sixième année. :\lais la plupart, citadins brusquement transplantés, étaient mal préparés à l'œuvl'C qu'ils devaient accomplir; ils s'accommodaient mal de la tutelle accablante des d1efs militai,es, qui allaient bientôt redevenir tout i, fait les maitres. Les premiers résultats furt'nl lrès médiocres et l'élan du début s'arrèla vite, cc CJUÎ n'cmp,·dia pas pourtant l'Algérie de gagner durant cette période em·iron t,0.000 colons de plus, partagés à peu près également entre les Français et les autres 11ationalitCseuropéennes. En France même on dessécha des terrains mai·écagcux, comme ceux de la Sologne; on dota plusieurs départements d'un service hydraulique dirigé par un ingénieur spécial, on réorganisa les haras; on vota des millions pour les chemins "icinaux et pour la plantation d'arbres le long des grandes ,·oules (une des idées favorites de Pierre Leroux); on étudia el favorisa la mise en n1lturc des biens communaux et des terres vaines el vagues, etc, En somme la Deuxième République est une époque importante pour
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==