308 IIISTOJRE SOCIALISTE Ici l'on ne se hcul'tait pas à une opposition irréductible de la classe dominanlr, dè~ircusc de maintenir la classe ou,TiC1·e.dans sa dépendance économiq11r. Il s·a~issait, non plus d'élc,·cr peu ü peu les ouvriers au niveau des pa11·011~.mais seulement de leur assui-er ou de les pousser i1 s1assurcr cuxml·mcs le moyen de ,·in·c en ,·as de clétreSS('. Cc n'était plus de justice qu'il ,~tail question: c"était de charité collccti,·c ou individuelle. D'un aveu unanime, il y a'"ait t1 quc-lquc t·hosc i1 fail'c >1. Les catholiques, en particulier, qui anlÎPnl marchl· d'accord a,·cc les écono1nistcs poul' maintenir les ll'availlc111·sdans lrur position subordonnée, étaient par principe cl par tradition faqn•ahl(•s nu patro11ag-<" <les pa11,Tcs pal' les riches. i1 la p1·otcclion de la cla:,,,:,,,itn"d' igente par la <·lasse aiséC'. fn,-;fitution.-. dl' pn~Poyanl·,•. - Dans le groupe des inslitulions, oit ceux qui en hL•néli<·ient ont l1 intcnlion de se sufnrc, se classe tout ce qui csl relatif au~ cais::-cs de secours mutuels. ù l'assmauce, ù. l'(•pargnc, aux retraite~. L<'S Socit;tés de se"ours mutuels. - Les Sociélés de secours mutuels, sans l'Lrc reconnues pal' la Joi, existaient en France depuis longtemps. Paris seul en comptait plus dr 2;:;o, l3ordcaux plus de t,0: mais clics étaicnl rares dans le~ eamp,1gncs. En 18118, il s1e11 fonda beaucoup dans ]c premier clan de fraLcr11ill~ol1 le pri11cipc d'association parut, même dans les régions officielles, la panaeée du mal social. A la Constituante, les propositions abondèrent pour les multiplier cl les encourager; l'un voulait qu'il y en eût une dans chaq11<• canton. l'autre dans chaque commune. Cela donna naissance à :un ,·apport de Ferrouillat cl ,, un projet de loi (L9 fé,-ricr 1840). On n'osait pas suine \\'aldeek-Rousseau cl Houyc111·edans la voie Olt ils entraicnt;hardi111cnt, le premier en obligeant les commllncs, les dCpartemenls et l'Etat i, une contribution régulière en favcùr <le ces caisses de prévoyance. le second en imposant aux patrons une contribution obligatoire. :\Jais, tout en laissant les So('Îl·lés libres de gérer ù leur gr(· leul's affaires, on voulait créer des commissions <~anlonalcs qui seraient co,nme des « écoles de fraternité" l'épnndues dans toute la France et qui auraient pour mission de stimulc1· el dt guider par des modèles de statuts les associations naissantes. Celles-ci, ,·cconnucs comme établissements a·utilité publique, pourraient recevoir des legs el donations et rece,·oi1· de la commune le local nécessaire ü leurs réunions; eu 1·cvanche, on leur p1·cscrivait la condition d'èlre ouvertes aux travailleurs des deux sexes et d'exclul'c le chômage des maux qu'elles étaient destinées à soulage!'. Ce p(ojct ne fut pas discuté. L'idée rcvinlsous la Législati,c; mais alors on se défiait de l'association, on craignait toujours de voir se glisser sous son manteau quelque tendance politique ou sociale qui ne ftil pas orthodoxe. Le gouvernement exigeait que, dans toute Société de secours
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