IIISTOIIŒ SOCIALISTE IA• trm,a,ï dans l<w prisons, rouvents cl atelier.~ militaires. - Les ouvriers, bien 'Jllf' leurs intërèts fussent s111· t:C point d'accord a\'C<' ceux de leurs palron~. 1w ful'Cnl pas plus heureux dans leurs réelamalions contre la concurrrnrt• l'cdoutablc des établissements, oll des t1·a,·ailleurs soumis a une di"cipli1w, ;, une claust1·atio11, à une fac;on de ,·ivre particulièl'CS pou,·aicnt produire i1 meilleur marclu~. Ces établissements étaient de tr·ois sortes: prisons, nnncnls, casernes. Le Cou\'ernemenl provisoire, par un dl:cret du 2', ~Jars, suspc•11<lail le t1·a\'ail dans les prisons ctdnns les ateliers mi!itaires: il annonc;nil en termes vagues que, dans les établissements dits de charité, les choses seraient réglées de fa~on à ne plus nuire au lra,·ail libre. Il donnait pour motif les spéculai ions auxquelles prêtait le régime des prisonniers, c1ui, condamnés au labeur forcé, jouaient le rôle d'esclaves exploilés au profil d'un entrepreneur adjudicataire de leurs produits: 1>Uisles salaires avilis aux<1uels tombait en particulier le métier de coulure,quand il avait à se débattre contre les travaux à l"aiguille exécutés à vil prix dans les ounoi,·s et les orphelinats. Le décret ne fut pa$ appliqué dans les casernes, où les compagnies hors rang furent maintenues su,· les représentations des généraux, ni dans les maisons religieuses, qui, sans payer patente, continuèrent à faire du commerce sous le cou,·crt de la chal'ité, excepté là où elles furent fermées violem• ment par les ounicrs, comme à Lyon, ou par la garde nationale bourgeoise, comme à Reims. Il fut e,i•culé dans les prisons. ~lais les directeurs des ~lai sons cent,·ales ne lardèrent pas à réclamer; on était tombé d'un mal dans un autre: les prisonniers, condamnfs à l'oisi,·eté, étaient plus difficiles à mener: les frais de,·enaient plus considérables pour l'l•:tat, parce <1u~ jusqu'alors une partie de cc que gagnaient les détenus était affectée à leur entretien. Sur ces réclamations bl'Ochaienl les plaintes intéressées des entrepreneurs privés des bonnes affaires qu'ils faisaient, quand ils avaient à leur disposition des ouvriers très peu payés el des locaux gratuits. Dès le 18 aoi\L 18',8, un projet fut déposé pour revenir en arl'ièrc. )lais les intérêts opposés se lin'èrenl un combat acharné. Üun'iers, fabricants, Chambres de commerce protestaient contre celle concu,-rence à armes inégales.La prison se lransformait en une école d'apprentissage, d'où sortaient des hommes cl des femmes qui faisaient baisser les salaires des métiers qu'on leur avait enseignés. l.{'s entrepreneurs, dotés d'un ,éritablc pr·ivilège, arri,·aicnl a faire conrcctio11ncr des chc-mises à 2.) centimes pièce. On citait à Paris une fabrique de Îlnctlc qui n'avait pu lutter contre la ~laison centrale de Melun, et les i·bénistes du faubourg St-Antoine mis il mal par celle de Poissy .. \ Troi•es, le nombre des pauvres assistés avait passé de :1.:;00 à 6.000 el l'on attribuait celle augmentution au voisin:tge de la prison de ClairYaux. l'11 seul ordre de 1·eligicuscs jetait en un an surie marché 1,00.000 francs de t1·a,'aux qu'il ,•coulait à des prix très has. SchO'lcber fit ,·aloir aussi des considfralion;, d'humanilé. Les détenus de liimes, mal uourris cl occupés au cardage
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