Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTE admit seulement quelques corponilions nouvelles parmi les Sociétés du Toul' de Fra11ce. Puis les querelles repl'il'e11l cnlrc adcplcs des difl'él'cnls l'ilcs conllllf' cnln· aspirants cl compagnons du même rite; cl le Compagnonuagc, ;.1p1·èsune rcnai~sancc apparente, continua de s'cnfontcr dans sa lente décadence. I.e temps n'était pl11s il ces gl'oupes fermés, fails pour la pclile i~dustrir. pour des pays oi1 les communications étaient difficiles, pour des épo• qucs oi1 le 111ystèrcétait une 11éccssité \'Îlale. Tandis que certains g1·oupcmcnls se rcpli·cnl sur le passé, d'autres s'éla11cc11l ëperdlimc11l dans l'a\'cnir. Ils ont de ,·astcs ambitions. Ils veulent 11011 seulement se fC'dércr,de faron i, réunir toutes les branches d'une industrie; mais ils songent :1 s'étendre sur tous les métiers. Par exemple, l'Association fi-atemelle de l'industrie française, fondée,, Lyon le U Janvier 181,0, dil ceci dans le préambule grandiloquent de ses·staluls: te L'a~sociation par corporation ou pour une industrie spéciale porte a\·e(.· elle u11 1·arhc1 <l't·xrlul_,,ivismcet d'isolement que repousse la dvclrine de la solidarité el dr la fr;1t1-r11itl·11nivcrselle. L'as~o(·iation g1;néralc est la St>ule qui puis.se offrir d'une manière focilt· et 1•crt.1inc les anntag<'JS dont sont privés les lra\·ailleur~. ~lais cette lcnùancc i, une fédéralion uni\'crselle, i, une conslilulion dn prolétariat tout c11licr en un seul el formidable groupement se hcul'le i, la ùifncullé rnèrne de la tâche; clic csl contral'iéc pal' des rivalités, des Jalousies. des incompréhensions, des ignorances; clic est cntra\·éc par les dirigeants qui la rcdoulcnl au point que, le 18 janvier l8l1!l, fut interdite la simple P,~dération d<·s industries du li"re; clic app:Hall en maint c11droit, rn;1is obscure, intcnnillcntc, imprérisc. Le temps u·csl pas encore venu oll la séparation par tranches ,·crlicalcs cnlre les différents corps de métier peul faire place à la di,·ision par couches horizonlalcs cnll'e c111ploycurs et employés. La plupart des .\ssociatious profcss_io1111ellcse pr·oposenl des buls moins lointains cl lrës di\·crs: secours aux malades, aux infirmes, inslruclion pour les enfants, rctl'aitcs pou,· les vicillal'ds, achat de terrains pour Je jardinage / Porcelainiers de Limoges,, séjour i, la campagne (les cn1111ts de Lyon et leurs 1t chùteaux" , chant, musique, plaisirs en commun etc. l\lais Jeur but essentiel, comme on peul aisément le pressentir, c'est de régler les conditions de la production. c'est de modifier le eonlrnl de tra,•ail qui lie l'ouvrier au patron. L"article 13 de la Conslilulion conlenait deux dispositions, qui n'étaient point conlradictoircs, mais qui pouraienl le paraitre, bien qu'elles fussent en l·éalilé complémentaires l'une de l'autre. li garantissait la liberté du travail; il promettait l'égalité des rapporls enll'e palrons el ouvriers. Cela pou- "ait donner lieu a deux interprélatious différentes. Ou bien un contrat collcct1f, déballu entre une association d'ouvriers et un pall'On, de façon,, compenser le nombre des écus d'un côté par le nombre des individus de l'autre, de Cl'éer ainsi deux forces équivalentes, seul moyen de réaliser la liberté et

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