Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

HISTOJHE SOCIALISn; 28:1 hénéfice d; celle expé1·icncc: i1 sa,·oir· que des So<:iétés ou, rièrcs de pl'oduetion ne pcuvcnl réussir tl elles sculC's, qu'elles ont b(•soi11 pour se <lt~,·cloppcr, non pas S('ulen1cnt d\:-L1·c liées ù des Socid~s <'oopérativcs de eo11s0111111alio11 et de c1·édit, mais surtout d'ètrc soutenues pa1· Ulll' classe ,w, riè1·c organisée. CII.\J>ITHE \' En 111l~111c temps que cc grand effort a,01·té pou,· lran~fo,·rncr 1'01·ganisalio11 du travail c11 visant i.t Ja tète, l''csl-ù-dirc en poursuh·anl l'abolition du patr·onat, il s'en upérait d'autres qui se bornaient à la 1nodifier sur des points moins cssenlit'ls. Deux ,·oies s'oun·aicnt·pour ces modifieations. Elle:, pou\'aient se faire au moyen de co11,•e11tionspri,·ées oble11ucs <l<· gré ou de forc·c par des associations durables 011 mo111cnla11éesd'ou\'rÎcrs, ou bien ù l'aide d'une inter• ,·cntion lCgislathe. Les Assm·iati.ons pro/rssionnelles om1rù_•res. - Con11ne11('ons par l'action émananl de )a classe ou\"rièrc. Le GouYcrnerncnl pru,·isoirc, 11011~culc111c11t avail laissé les ouvriers 1ibrcs de se grouper, mais il les avail in Yi tés à s'associer. Il se forma donc. il cùté des Coopérati,·es dont nou,; ,·cn<>ns de parler, u11cfoule d'Associations p,·ofcssionncllrs qui, s_anstendre ù les unir dans une exploitation commune, a\'aicnt pou1· objet la défense de ku1·s intérVts, l'amélioration matérielle rt morale de leur sorl. On peul signaler, nième pa1·11d les paysans <'l les employés de commerce, un commencement de groupements analogues. Le grand mouYernent syndical, qui s'est dé'"elopJH.~ si puis.sammcnl depuis, a pris son premier essor en HF18. Il hésite sur la di,·cction oi, il ,·a s'c11gagcr. Hcmontc,·a-t-il ,·ers les corporations privilégiées du moyen âge:) lra-t-il vers des formes nouvelles~- Les survÎYa11ccs cl réminiscences d'au lrefois ne manquent pas. Le- vieux Compagnonnage est un instant galvanisé : il SC'mblc aYoÎr un regain de vie; il s'efforce de réconcilier ses différents rites. À Paris. se fonda le Club des Comp,ignow,; de Ions les devoirs, qui lan\·a. pour les élections à la Conslitua11tc, une 1isle de candidats assez panachée cl qui réussit à fai1·c passer l'un de ses memb,·cs, Agricol Perdiguier. C'était justice. Pcrtliguier était l'homme le plus désireux de raire pénétrer l'air, la lumière cl un esprit de large frate1·- nité dans los milieux étroits cl exclusifs oü évoluaient ses rama rades; il fut parmi eux l'a\'Ocat de l'union. Un projet de constitution fédérale rut dressé t•t l'on put voir,Ît la rêtc du 12 mai, lei;(< dc,·oirs >1 riYaux figurer côlc ~, cùtc, 8\'cc leurs i11sigoes cl leurs chefs-d'œuvre. Mais cc soufTlc de concorde rut éphémère. Le projet d'union fut repoussé par une majorité routinière.. On

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