Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

278 IIISTOIHE SOCIALISTP. ment dt· son a11to1·itl·. Le Conseil d'encouragement publia pour les assoriatio11~un mod(·lc de statut~. li les in, itail (cl c·clle in, ilation,émananl d"hom111rs qui cli~posaic11l des fonds, ressemblait fort à un ordre à preudre la forme légale el fort g,'nanlc de sociétés en nom collectif; il se constituer pour ,ingl an~ au 1111Ji11s rl qualre-v.ingt-dix-ncur :111 plus; à donner au gérant dr .. pou\'t,irs tr·i·s étendus qui reconstituaient à peu près l'autorité patronale. Il n'était plus question de salaires égaux ni de hé11élkcs répa,'lis é-galemcn l. En rc,anche ces statuts-type pré,·oyaicnl que le< assotiatio11s, en élcnda11L leurs affaires, auraient besoin de salariés. Ces auxiliaires dc,aient touche r nu bout dr l'nnnée une part dïntén'L; mai:-- ils dt.·,aicnl s'en rapporter ;·, l'i1ncntaire quïl~ n'aurriie11lpas Il' droit dt• contcst<•r. resl1·i<'lionqui a to11jou1·sét,· Je p1·incipal obstacle ù la pa,·ti,·ipalion aux bénéfic·cs: plus lard, uprès un sta~i~ plus 011 moins long, ils seraient élevés au rang de sociétaires. 11ne rc•slait guère tlo la co11ception primiti,·e que l'obligation <l'employer JO 0/0 des IH'néftccs ,, former un fonds inaliénable, qui,cn cas de dissolution, t·r,·iendràil it l'l::tal pour ,'Lrc utilisé au p,·olil de qnclquo œu,•re sociale. Chose gra\'e ! Les règlements d'intérieur, de travail, d'atelier, les modifications d,• statuts qui ne pouvaient po1·Ler que sur certains articles, devaien t t'tre <'omnurniqués d'avance au ministre. Si encore les travaux publics promis a,·aicnl été concédés aux associations constituées I Mais, outre qu'ils étaient réduits à des travaux de tcnasscrncnt ou de construction jusqu'à concurrence clc 20.000 francs, les ingénieur s de l'Etat n'aimaient point ces unions de tra\'ailleurs qu'ils lrournicnl diffi- .-ilcs it condui1·c. On ne \'OÏL point qu'il ail été donné suite aux pétitions q ui furent adrcss<'•cs au ('omilé des lN11•a,,,r P"blies par les habitants de Blanz~· pour e,ploiter les mines de houille de leur territoire ot par les entrepreneurs cl mail1·cs ouvric,·s de Dijon pour que l'Etat rcpl'il les chemins de fer et le ur ,listribu1\L les tra,·aux par spécialités. Le décret du JS juillet 1848 fut p eu applitjué. Ou ne peul guère citer quo l'Association des pavcu,·s de Paris, q ui en ail profilé à l"a\'anlagc de la ville cl au sien propre. Lorsqu'un an plus tard,i, la Législative, llla,·Lin i\'aclaud, bien placé pour celle proposition, pui s- 'lu'il Nait membre de la très prospère Association des maçons, demanda, en ,·ompagnic de doux autres rep1·éscnta11Ls, que toutes les administrations publiques fussent autorisées ù traiter do gré à gré a\'ec les Assoriations pour Lous les tra\'aux n'excédant pns 30.000 francs, il n'obtint qu'un refus forme l. Cependant les candidats à la sub\'ention furent nombreux. Il ne faut pa, s'en étonner. Des dire,•Lenrs d'établissements privés, de grandes sociétés patronales raisaieul alors appel aux largesses de l'Etat. Les demandes, pou t· avoir part aux ..Lt·ois 111illio11svotés furent plus de ::iOOen 18',8, plus de 100 e n 181,9. Il nurait r..1111L1·cnlc 111illions pour y répondre.On se contenta de répar - tir une son.me de 2.~00.500 francs entre ::iGSociétés, appartenant it peu près ëi:alc,ucut (::10contre 26) à Paris et Il la province. Beaucoup étaient mixtes et

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