Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

HJRTOIRE SOCIALISTE dans leurs visées l'etabltssement d'un gouvernement constitutionnel, mais arrivaient, chez les &utres, à des essais de démocratie. Ces deux mouvements. qui s'enchevêtrent et qui, tantôt allant dans le même sens, \antôt profondément divergents, rr·nd••nt si confuse l'histoire de l'époque, garantissaient fa France oontre tout danger d'une coalition européenne. Les puissances étrangères, au dire de Falloux, pouvaient être appelées les impuissances étrangères. D'autant que l'Angleterre, maJtresse incontestée des Océans, ne ,songeait qu'à pousser son expa.nsion éoonomique et •avait aussi ses difficultés intérieures a;ec, la crise que subissaient ses manufactures, et ses banques et avec l'agitation bruyante de ses démocrates qu'on nominait /.eschartistes. Ainsi à l'abri d'un" attaque, la République attaquerait.-elle ? Prendrait-elle l'attitude héroïque et fiè,e d'un paladin de la justice et de la pitié, disant: • Toute iniquité me regarde • et jeta,tt le poids d<>son ~pée dans la balance du destin pour la faire p~ncher du côté du droit? Ou bien renoncerait-elle à secourir les faibles? Trahiraitr.'.'lle la confiance touchante qu'elle leur inspirait? S'enfermerait-elle dans un égoïsme froidement sage et implacable? Dilei;runeangoissant, qui s'est ,naint,, fois posé au oou-rsdu XIX• siècle et que nuLl!lepouvait trancher d'un cwur léger! C'était, d'une part, la guerre européenne avec ses succès incertains, avec ses horreurs certaines, avec le contre-coup que ne pouYait manquer d'avoir sur la politique du dedans l'enfièv1-ement d'une lut,te colossale; la guerre avec des caisses vides, avec le désarroi qu'amène tout ohangement de ,,,g;me, avec cent huit mille hommes au plus à meure en ligne. C'était, d'autre part, l'abandon• d'une tradition généreuse, un repliement sur soi,même qui pouvait être taxé de lâcheté, porter 1111 coup mortel à la haute opinion qu'on avait de la Franc,,, lui aliéner les peuples sans lui gagner ,fos ,souverains, lui laisser perdre l'ocoasiou d'assurer sa prépondérance et le tl1Ïomphe 1dE1 .la démocratie, et compromettre de la sorte auprès de ceux mêmes qui avaient fait la •République l'autorité d-e.ses·dirigeants. Entre les deux résolutions pos,ibles le Gouvernement provisoire, victime de sa composil.4onhétérogène, hésita, louvoya, équivoqua. Pendant •que quelquesuns de ses memb·res encourageaient et ,~idaient. sous main Jes l'éfugiés des pays voisins à tenter l'aventure de soulewr leurs concitoyen~, pemlant qu'ils faisaient 011-laissaicnt organiser officieusemc:.t de petites expéditions (1) officiellement désavouées, Lamartine, en sa qualité ·de ministre des affaires étrangères, rédigeait un lllanifesw où il t.âchail de concilier deux politiques inconciliables. Il se prononçait pour la p3ix. Il répudiait toute pensée d'agression. Il dénonçait la guerre comme un g,· rnd CJ;me rollecti! et il la repoussait comme un danger pour la liberté, comme un prélude à la dictature. • Les .soldats, disaitil, oublii:nt les institutions pour les hommes. Les trônes tentent Jes ambitieux. (1) AO'aire de Risquons.tout, c-D Belgique. - Tentative de la lé9io11 dt:mnt•r·1ti1111e allematule, dont Karl Marx avait désiré être rhef et que Georgea tlerwegh, ua peu à œntre-cœur. conduisit dans le pays de Bade. - Incursion Je.s vo,·ttces (Société républic3i11~ lyono.lice). ~o Savoie.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==