266 IIISTOIRF: SOCIALISTE pliât les associ:11ions volont.1il'es. qui peu à peu, en prenant de la forc·e, assu. re,·aienl le111·smembrns contre le ch,,mage. D'autres disaient que les Atelie,·s nationaux n'avaient él(~ qu'un ~xpédicnl. un cntrcpùl momentané de la population souffrante, qu'il était très possible de faire autre chose cl de foire mieux, de coloniser, de défricher, <l'ouvrit· pl'og1·essivement à tous les membres de la société l'accès de la propriété ag,'Îeole et industrielle, etc. l.a majorité ne .-cpoussa pas ces moyens vagues d'amélioration qui sont énumérés pèle-mêle dans l'article '13. ~lais elle fut inexorable pour le principe du droit au travail. Glais-Bizoin cul beau introduire dans l'amende• ment de Mathieu de la Drôme ce texte allénué; « le droit à l'existence par le travail. • L'amendement fut rejeté par 596 voix contre 18i. Monarchistes et républicains modérés, doctrinaires et catholiques avaient, pour la plupart, rnlé contre. Cc qui achevait le sens du vote, c'est que l'arlicle 1.3, garantissant ln liber!é du tra,,a,ï et de l'ù1d11strie, pouvait être interprété comme déniant à l'J::tal le droit d'intervenir entre ouvrier et patron. Cela était si bien dans la pensée de la majorité qu'un amendement de Jean Heynaud, proposant d'ajoule1· à celle formule équivoque : « sous la protection des lois et sous la surveillance de l'l~tat », fut repoussé. Cette élimination du dl'oit au travail fut vraiment le complément parlementaire de l'écrasement du prolétariat aux journées de Juin. L'effet en fut considél'able dans Lous les pays, oi, la question sociale s'était posée dans les mèmes termes. • On se,1tait, écrit Quentin-Baucha1'l, que le débat renfermait une question de vie el de mort pour la société. Si le triomphe fut difficile, combien n'eut-il pas de retentissement en France et en Europe! C'était comme la victoire de la civilisation sur la barbarie.» Le 2 novembre, joui' des Mo1·ts, le droit au travail reparut devant l'Assemblée. Lors de la seconde lecture de la Constitution, Félix Pyal proposa cet amendement à l'article VIII : « La République doit protéger Je citoyen dans sa personne, sa famille, sa religion, son droit de propriété et son droit de traYail. » Son discours, brillant et agressif, remua plus de passions que d'idées. L'orateur fit cependant remarquer que ln travail ne s'opposait nullement à la propriété; qu'il était, au contraire, un moyen de la généraliser, de la démocratiser. Il fit saillir cc contraste : le droit au travail refusé aux travailleurs par des gens dont beaucoup pratiquaient le droit à l'oisiveté. Il déclara la Constitution manquée, si elle ne pl'oclamait pas, comme toute grande charte humaine, quelque chose de nouveau. Il se fit rappeler à l'ordre en disant que le peuple, créancier de la République, après lui avoir promis trois m,,is de crédit, était l'evenu le quati·ième, jour pour jour, apporl~r son protêt au nom de la misère. Félix Pyaf n'obtint que 86 voix, parmi lesquelles ne figura même pas celle de Proudhon - 100 voix de moins que Mathieu de la Dr6me. La réaction allait vite en ce moment.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==