Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

192 IIISTOIHE SOCIALISTE Ursulines de J<'sus, les Filles du Saint-Esprit, de la Sagesse, les Dames d'Er11e111011Id.e la Sainte-Union, du Sac1·é-Cœ11r de Jésus. C'est un prodigieux pullult•mC'11t dr cong-1·t.'·galions féminines, quclques-,rncs hospitalières, la plupart r1H•rig11antes. l'n dc1·nic1· chiffre. Si l'on considère le total de 1a populati<,n ~colail'c en 18.)0, on ll'Oll\"C que les écoles laïques contiennent 1.:W8,02ï cl les {·colcs congréganistes 0.)3,ïnu élè,·es. C'est dire que 1'1::glisc, dans la elassf' populaire, a sous sa dil'cction immédiate, les 2/3 des enfants, pi·opol'tion qui d(',·ait c-ncorc se modifier i1 son profit. gnice à la loi F'alloux, dans lrs annéf's sui,·antcs. Comme complément ù cet épanouissement de la p11issaucc cléricale, il faudrail ajo11tcr l't'crascmcnl de cc qui restait dïndépcndance dans le has de,·g-{·. . J'ai pari<• des kntati,·cs faites pùur supprimer le Concordat 11. Il y eut· aus~i quelques ,·clléités de le réviser .. \ la Consliluanle, Cénac avait pl'Opos,· q11r· lï·lcction f,lt appliquée i, toutes les fonctions ecclésiastiques. Lrs t:n'-qul'S rt a,·ch<',·èqucs aurnienl été 11ommés par le cher de l'l~tal sur 1111c liste de ca11didats ehoisis par les mai,·es et adjoints de chaque diocèse cl possl·dant i<' g-radc de doclcul' en tJH:oJogiC'. C'eût C:·té <lCmocratiscr J'organisation 111011ar('hiqu<' de ·r,::glisr, donnc1· la haute main riux fidèles sur le clerg-ë f•l ehangcl', poul' la disc-iplinc, le calholicisme en proteslantismc. ~lais 11 nou~ n'avons plus assez d<' religion po111·nous faire protestants», disait Proudhon. Ct:nac n·aniit pas éh.; sui,·i sur cc terrain bnilant. Pourtant d'autres représentants rt',·èrenl un clrl'gé natio11al rt républicain. rè,·c qui était peutl~t,·c ch('z eux une réminiscence df' la pr<"mÎt..,re 1-lé\'olution. Proudhon luim<\mc rut lïdéc de qu<'lq11<'chose cl"analogur. C'est ainsi qu'lsa1nbcrl, Pascal Duprat. Edgar Quinet tentfrcnt de galrn11iser l'auciennc église gallicane. Ils déposèrrnt un projc·t qui était un efforl pour empêcher une bo1111epartie des p1·ètl'CSc.ft~trr absolument à la mc1·ci de lcu1·s én~ques. Ils avaient remarqué que tous les desscl'vants et dcai1·es, formant presque Jcs neuf dixièmes du clergé, c··taient fort peu payés et SC' trotn·airnt ainsi à la disc1·étion de leurs supérieurs qui pou,·aient par des déplacements habiles aug1ncnlcr 011 di1ninuer leur trnitcmcnt. lis demandaient donc qu'au bout de cinq ans cl'excrcicc ces minist1·cs du euh(•, tenus dans une situation précaire, fussent assimilés aux <·ud·s lit11lai1·cs, c'est:à-di,·c, qu'ils eussent de quoi vin·c et la garantie de ne pas èlrr déplacés contre leur ,·olonlé. Cela entraînait la c1·éation de tribunaux eeclésiastiqurs jugeant les questions de discipline el rendant des sentences moti,·(•es en cas de suspension ou de révocation d'un prèlrr par sou évêque. Au Comité des cultes, les évêques accucillircnl mal une proposition qui (:lait de nat111·ci1 limiter leur pou\'oir. Jls se réfugièrent derrière l'autorité du pape, pan•inrenl à faire décider par le Comité qu'on inviterait le gouvernement à ounir des négocialions avec le Saint-Siège. Un rapport fut fait en ce sens; mais il ne fut pas discuté, cl l'organisation datant du Concordat (1). Voir p;,ge IOS.

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