Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIRE SOCIALISTE <·onlrl'. Les rCpublicains dl' toutes nuancc-s. \ïttor llugo, dont le dist'ou1·s fut traduit eu plusieurs laugues cl ti1·é à de:-. ("r11taines d,· millif'rS d'e'-f'lllplaires. Jules Fanc. Emnrnnuel Arago. Pasral Duprat, essaient du fai1·c un d,'parl diffirilc il opérer nettement eutrc fcspril 1eli1?irux et l"esprit clérical; il~ aecE"pl(•nt la dô('lrine chrétienne ou tout au moins la doctrin" spiriluttlistc, qui en est un résidu; ils reconnaissent l'immua'lalité <le l':imc cl l'f'xistence d'un monde meilleur; ils ,·eu lent q11'011 ens<'igne ers dogmes dans les <'<'Oies de rl~tal cl ils .. conscnlc11l ,olontif'1•s quïl y ait df's t:colc~ libres i, t.·ôtè. mais ils dénoncent le~ ambition~, les l~Ta11nics, les crinws de l'l\{lise eatholiqu1• el lui reprorheut s11rlout d"ètre l"c•nuemie de la Scie,u·e, relie (fui, par tradition el par conYÎ<·tion ne peul a,lmcltl'e la lih,·r rrchC'1The (1,- ln ,é,·ité. Ils l'éc1nmcnL l'accès t'•g3I pour tous ~1ux sot,rcrs du savoi,· el r'r!i-l it eette orrasion que Yktor llugo pr-oclame le droil dr f,·nfant, plus sacré que 1·elui du père •· Barth,'lemy-Saint-llilai,·e cli-feud s11rtu111 les droits clr l'l::tat eu nrntière d'éducation. \\'allon, pri~ rntrr f..c•sdeux umou1·~. n::glisC' r1 rruh·cr!'-ité, accuse le soi-disant con<·ordat co11cli1 entrr elles de cacher un pii·gc. d'<11re 1111contrat lfonin qui dépouille la seconde au profil de la première. ~lgr Pari~is, CvêcpH' de Langres. suhil ;n·ec résignation une loi qui a le tort de rontenir le princip1• de l'enscignc111e11t offi.-iel et laïque. L'abbé Cazalès la combat résolûmcut. )lais elle trou,r de , igu11re11x champions. Tandis que )lolé agissait dans l'omhre, ::\lontalembe,·t, une fois de plus, joua dt• la peur rouge C't de la ,u~ccssité d"unir toutes les fol'c·es conscr,atriri'S vour le salut de la sovjété. Thirrs, a,('c une mag-nifiquc irnpudenrr, soutint. <1ue l'l"nhc.rsité sol'lait, de cette refonlc, agTa11dic el consolidce. En ,ieux routier des batailles parlementaires, il sut utiliser fopposition de quelques <·atholiqu(•~ pour d,~monlrcr aux indécis que Ir projet ne faisait aucune fa,rur à r1::glisc. I.e passai:e à ln disrnssion ,Les articles fut ,·oté prll" ,,5:; Yoix contre 187. Les n~publicains <;tair11t i1bandonnés par IPs bonapartistes, leurs alliés d"un jour. Quoil(ue Louis Bonaparte c1il approuvé le discours de \ïcto1· llugo, le mi11ist1·c Parieu anlil :tpporlé ln franche adlu'sion du gouvernement. A quoi était duc cette mite-face du parti de 1"1-:lysée? On ne saurait le dire de façon précise. Faut-il c·roire <111cl'iuter- ,ention de :\lontalembert, venant le 20 Décembre appuyer de son autorité le n•tablissemcnt de lïmpùl sur les hoi~s011s. aboli par la Constiluanle. mais r('<lemandé par Fould, le ban<1uicr ministre des fina1u~cs, l'Cscclla ruoion un iustanl ébranlée du parti de l'ordre? Ou bien était-ce asse'-, pour opérer la rt'conciliation du groupe catholique a,·ec le préside111, de la recrudes,·ence socialiste qui se manifesta dans les premiers mois de 18J0? (.!uoi quïl eu soit,au cours de la dc11xii·mc et de la t1·oisième délibératio11, les amendements imaJ,_rÎnés soit par les catholiques intransigeants. soit par les républicaïns e>.clusion des én\que, du Conseil supérieur; nomination de ce Conseil par l'Assemblée; effort pour dépose,· dans la loi, en vue de

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