HISTOIRE SOCIALISTE 177 d'un JHojet oi1 l'l·:tat se désarmait volonlaircmc11L de tout cc qui n'était pas indispensable ;, rc-xiAtcncc d"un enseignement officiel. ~lais ils ,·oulaient dn.vantag-c, et, comme cc projet était destiné:, devenir une des lois organiques de 1(1République, ils fii·ent décider, avec l'aide de plusieurs républicains modérés, que celle loi organique ne serait p:1s votée· par la Constituante cl ils hàtè1·ent la morl de cette Assemblée, parce qu'ils escomptaient avec raison la complaisance de celle qui lui succéde1·ait. JI ne resta donc plus dcboutquc la Commission extra-padernentairc dont Falloux an,it soigneusement choisi les membres (1). la loi Fallo,u. - En l'année 186i, le ,·icomte de Falloux, assistant au Congrès catholique de Malines, y fut applaudi et salué comme l'auteur dt· la loi qui a cOnsen·é spn nom. 11 répondit : « Ce n'est pas moi qui ai foit la loi de 18:iO. Je vais ,·ous dire qui l'a faite. " Et il nomma ~lontalcmh<'rl d'abord, puis l'abbé Dupanloup el enfin un troisième personnage qui, ayant « jeté un regard courageux et profond sur toutes les plaies de la société )l' fit le succès de la loi. C'est Thiers qu'il désignait ainsi. Sauf qu~, scion sa coutuntc, il réduisait-à l'excès sa part de responsabilité, il disait \'l'ai en 1·appclant cette collaboration de l'l~glise et de la bourgeoisie apeurée. LC's deux éléments étaionl abondamment représentés dans la Commission qui allait pcrpl·tre,· celle œu,Te «: d'ordre moral ». On y rencontrait la fleur du pa1·ti catholique : ~lontalcmbert, Augustin Cochin, membre de la Société des Amis de l'enfance, le vicomte de ~lclun, membre de la Société d'Economie c/iaritable, l'abbé Sibour, l'abbé Dupanloup, habile di1·cctcu1· des tlmcs rnondaines des Parisiens et Parisiennes, qui venait de public1· un livrr sur la pacification religieuse, Laurentie, rédacteur de l'Union, de Riarn."'<"Y, rédacteur de l'Ami de [a, Religion, Houx-Lavergne, rédacte111·de l'u·11ivers. Louis \"euillot avait été laissé à l'écart, parce que son earactl·1·c clft·ayait le rninistre; on le croyait capable de tout gâter par son intransigeance. ~'est-ce pas lui qui disait de l'Université qu1il aurait ,·oulu c11trc1·au cœur de la place. non par la porte, mais par la brèche? A cùlé figuraic11t six Uni,·crsitai1·cs; parmi eux, Cousin, l'cx•gra11d-maitrc de l'l'.niversité, qui disait: « Loin de craindre l'autorité religieuse, je l'appelle de tous mes vœux, » et qui allait mériter de l'abbé Dupanloup col étrange éloge de se montrer dans les séances« très amusant »; :\lichel, qui croyait la morale impossible, si clic n'était fondée sur la religion; Saint-MarcGirardin, le rédacteur des Débats, occupé à foudroyer Jean-Jacques et G<lorg:i:S, and dans so'n cours de la Sorbonne; Dubois, anden directeur de 1•~:eoleNormale, qui fut le plus ferme défenseur de l'esprit laïque; puis des hommes politiques triés sur le volet, Buchez, le néo-catholique, l'ex-pcésident du 15 mai; Peu pin, l'ouvrier clérical, de Corcelles, le représentant de la
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