Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

IIISTOIHE SOCIALISTI~ <lu rnaitr( .. <111 de la 11i::tlt1·C's~e. ~lt;me à\•cc rcs suppléments le t1·aitemcn1 ne :,;'élc\"aÎI pa:-. birn haut. D':iprès lc,s <.'alc11lsollicicls, rn 18110,la moyenne du trailt•nh•Jll a1111l1cl tic- l'i11stit11ll'Ut' arrirait ;, ,•.-,,, francs. Et point de retraite. Il en c~ist:iil llllf' sui· le papier; on a"ait décidé qu'on ferait pour l'établir des retenues s11r le maig-rc salaire; mais rien n'avait été ol'ganisé p). Pa unes maitres d'école' ~lodeslcs N laborieux défricheurs des iJ1tcllig't.'IICl'S populdres! On les );lissait misérables. affaroés. humiliés dc,·a11t le l'lln:. dc,,l.11l les gros d11 ,·illagc, dc•,·anl leurs élèw•s m<:mcs. Qui s'étonncl'a que l'C pl'olétariat i11tcllcctucl ait été, après 181,8, l'a1·dcnl propagateu,· des do<'lri11es dën1ocratiq11es rl socialistes :1 Pour en finir avec l'c11scig11c111c11l primaire â celle époque, il faut ajo11tc1· qu'on a\':til f't·éé quelques Salles d'asile pour les pcLils enfants: des ou,Toirs oi1 lC'S fillctlc~ devaient apprend1·c ;', la foi~ un peu de talcul l'l un peu de couture: q11elqt1f'S Cndes <l'apprcnli~sagc dan~ les \'Îlles Oll\Tit;1·ts (i, )lulho11S<', t, Pa1·is. ('h' .. )lais c·é1aic11l pour la plupa1'l <les œu,Tcs eatl10liq11es ou patronal('/'<,,. 011 s'(·tail aussi prëocc:upé <les a<lullcs; il t•.,islait pour C11'.d\ es cour~ du ~oir et de~ cours du dima11d1e. On avait fondl~ <les l:<·olcs dt• l'égi11u•11l poul' h·s ~oldals illettrés; enfin <la11s les gnllldcs ,illcs <le:, sorit·tés p1·i,·écs - loult·s de dt',·oucrnc11l - (L't\ssotiatio11 polytechnique. la Société philomatiquc i1 Pal'Îs, ù )letz. :.1 Bordeaux, cssayaic11t de l'oniblcr les tristes lacunes de l'i11strudio11 popuJairc. :\lai:-, malg1·é cc~ efforts 1né1·itoil't•s 1 Cl..'S la,·t111l'S reslaic11l 1,t.'·aulcs. Dans l'E1H1ul·Lt• que j'ai dl·ji, t·itéc, 011 voit en maint f'•ndl'oil, presque pa1·tuul, rrpa1·ailrr•, parmi lts nt•ux dt· la population, la t'l'éation c1'l'l'oles, su1·toul d'él'olc:,; ;1ya11l 1111t·a1·aek1·c pratique cl profcssio11ncl. soit industriel, soit agl'in;le. La loi de 1:-;:J:J uvaiL prévu des l·colcs prinwi,·es supericu1·es, Jonl les 111aill'CS auraient u11 traitc111cnL 111ini111u1t1 de 1100 franl's. ~lais elles étaient l'cslécs i1 l'état de projet. La bourgeoisie rég11a11lc- cl cc fut une de ses fautes les plus gTa,·cs - ne tc11ait pas i1répandre la lumière parmi ses frères de la classe pauvre. L'cnscignemc111 secondai,·c t·•Lait, au contraire. scion le cœu1· de la classe dirigrante. Dcstinl· à prrpl•lucr s011 pouvoir. il reposait sur l'cnscigncmcnl du latin el du grec, dont1a connaissancr, mèmc lrl·s imparfaite, suffisait â tracer u11e ligne de di-marcation t,·ès ncllc cnt,·c les '< fils de famille », comme disait une cxpr~ssion très sig11ificativc, cl les en fonts du peuple. 011 ne lésinait pas en fa,·eur de la minorité bourgeoise à laquelle il s'adressait. Sur le budgcl Lola! de l'iuslruction pul,lique, P"én1 pour 181,8,, 18 millions elquis1• réduisait:, Jôà cause des rccellcsùcléfalquer, la parlalîérenle i, l'f,taL éLail à peu de chose p1·ès la mè111cpour cel e11seignemenl <1ue pour l'inslruction primaire (:3 millions en.-iron). Les élèves que fournissaient fi} Voir à ce •ujoL E. Fouruii:r<!, - /,e ,.tÇ1'Cdc J,o,ds•Phitippc. p. 1H

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