Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

I IISTOIHf. SOCIALISTE 7 ciloyens en omeltaut de déployer le drapeau avertisseur du recours à la Corce; mais il laisse habilement dans l'ombre la moiLié de la question; il semble pros• crin' uniquement cc qu'il nomme « le drapeau dJJ la Terreur•; et pourtant il sait, il reconnait !ni-même qu'il y a autre rhosr dans le débat engagé, qu'en deman• dant le remp\acPmenl du drapeau tricolore ses adversaires entendent répudier un régime • où le riche continue à jouir et le pauv!"f' à souffrir, le fabricant à exploiter l'homme en le condamnant au salaiw ou à la famine • ; en un mot il sent très bien qu'il s'agit là d'une lutle de class.'s qui sont en désarr()rd, non point seulement sur des moyens, mais sur le but à poursuivre. « C'était, a-t-il écrit, la luUe ouverte des prolétaires crmtr,, la bonr~aoisie. , Lamartine, racontant plus tard ccUe joorne,· qui fut sa journ(-e, la fait finir dans une clarté d'apothéose dont il est le centre rayonnant et, sur la foi de son récit, l'histoire complaisante a docikm 'nt accepté la légende d'une multitude en délire soudainement apaisée par la puissance d'un grand charmeur et dupeur d'oreilles. La vérité est qu'il fallut notre chose pour calmer l'o~ag,>.Il fallui une concession_prudente aux vœu"< du peuple, appuy.<s dans. le gouYCrnemcnt lui1nême par Louis Blanc. LP Jfoniteur du ').7 févri<'t publia le décret suivant: Le gouvernement provisoire décbre que le drape3u national est le drareau lrico• !ore. dont le couleurs seront rétablies dans l'ordre qu'avait a<loplê la Répul,lique lrançai"e·Sur c· drapeau sont tl-crilsces mols: Rt.PrnLrQO'E FlUNÇABE. J.ibuté. E~alitl. Praur11ité. trois mots qui c:q i ,nt. t 1~ s ns l·• plus étendu des doclrmes démocratiques dont et drapeau t.·st le symbole, en m\!me temps que s1.:scoulPurs en conlinucnt les traditions. Comme signe de ralliement et cornme souvenir de reconnaivcance pour le dernier acte de la ré\·olulion populaire. les mem.br1 s du gouvernement p1•0,·L...~ire et les autns aut 1ilê.:. porteront la rO.">L'llreouge. laquelle sera ptacf:e aussi à Ja hampe du dr.:111eau. On comprend mieux. ap1•l",-. edl,' d~l•i-;ion qui fut ünmédiatemcnt commw:Uquée à la foule, sa pacifique relraite; et cela explique sans doute aussi pourquoi Blanqui, - l'homme-mystère, l'infatigable préparateur de coups de main, mais aussi le lucide esprit qui. seize ans plus. lôt, dénonçait au fond des querelles poli• tiques c la guerre entre les pauvres et les riches • - après avoir lait placarder le. matin sur les murs de Pads cette affiche comminatoir<> : • Le peuple victorieux n'amènera pas son pavillon ... ,, conseill:tit. le s.oir mêrnc, aux siens de se rctir, r sans rien faire. En tout cas, entre If gouvernemenL et ceux qui le poussaient en avant un véritable compromis venait d'être conclu, compromis accentué par ce fait que ;\larrast, Flocon, Louis Blanc et Alberl passaient sans bruit du rang de secrétaires à celai de mJJmbres du Gouvememenl provisoire. Par les deux derniers &urtoui un peu de rouge y entrail e\ relevait la teinte trop pâle dont Je peuple lui faisait un grief. Le soir même uno, série de décrets esàayail de satistaire à la Coisles modérés 8' les républicains d'avani-gardo : lranslormation des 'foileries en un hospice d'invalides ciTih;, adoption des enlanls donl les pères venaient ~e mounr en corn•

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