Georges Renard - La République de 1848 : 1848-1852

!/,1 IIISTOIHE SOCI.\I.ISTE des pcup)P:,.. Il t-raig11ait la fonnalion, sur la fro1lliè1·(•des .\lpt:"s, d'un royaume· itali(•n <1ui :--l•1·ailu11 ,oisin <lang-t.~1·e11x; il gardait un dépil assez légitime de l'accueil plu, que froid que le 1·oi avait fait i, la bonne rnlonté de la Fran<'e; et hic.~nque celui-l'i, ,1aincu, cùt chi 1·c1101H'C"t' i1 :\lil:111, à \'enise, Bastide c-t Ctl\·aig11a(' s'était11I p1·ononrés poul' la paix C'l a\'aÎc11l abandonné à l'état tl't~baudtt> un essai dt· médiatio11 franco-nng-laisc; ils s\~taient bornés à emp,',·her l'.lutrichc ,i,·toricus,• de dépasser l,· Tessin. l.('111·:-- n\,·c-~ dï11dt1>r1u.lance ainsi .ijn11n1és po111· quclqu<' temps, lri-- ltalir11:,. :,,.·t·1:1ic•11I r,•j<·h~s du cùt(· c.l<-la lihl'rll· iutéric·ur<•. Les projets de réformé" politique.· t'I :-.ocialc-:l\aic·nt pri:-. h· tle~:-:11s. l.t· pap<•s'rn ressentit \'ile. DCbord~ µar kf- 1·('q•11di<·alio11:-. tir S('s sujds 111éC"o11t<·nt~ du l'égimc moyeu-âge qui ~r 1a•1-pét11aiti1 Hom<· rt t"n Honulg-r1c. il .l\':lÎI acctu-d(' d<' ma11\':1Îsr g1·àcc 1111(· Co11stit111io11. as.;;.i:,;tc.: impuissa11t ;, u1u• agitation ,h:mocrati<11u· et. au rnnii,. ,r.\ollt, il a\':1it du•,·ch(· un :1ppt1i i, rt:ll'allg'('t', récluo1é de Ca\'aig11ac rc-n,oi «Il' t1·ois ù quatre 111Ïll(•hommt•:,; clt· t,·ouprs, 1111c11,·oi que. d(•f. la fin d(' J:111- , irr, Guizot a\'ait co11s<·uti. :\lni!-oBastide 11(•,·01ilait p:1s qur la Hépubliqttc fra11~aisr st· rit Ir g<·11darmr d<• la papauté: l'r11,·oi a,ait i·té refusé. Le pape alors, coutre les ro11scils de la F1·a11c.·r.a\'ail pris pour niinistrc l'{·conorrlÏ:,,.lc Hossi, u11 :uni de C11iz.ot, rud<·, hautain, sarcastique, qui gouvc1·na dans I<· sens réat·tio1111ai1·(• ,·t fut assassiné Il" 15 :'\o,·embrc. D<"s J>arricadcs s·é1ai,·11l élc,·ées dans lrs 1·11,•sdr Hom,·, et Ir pape a,·ait dù ,malgr~ lui,per111ellre l'élection d1 t111<' Conslituautr et se laiss<·r irnpo:,CI' un minil'tèrc d'opinions avancê<'s. L'émoi fut grand pa,·mi les ('atholiqucs de Fran,·e en apprenant celle humiliatio11 de leur cher. l'ru• pclilc minorité de démocl'alcs chrétiens, comm<• .\1'11:iud tic l'.\ricge, act·C"ptail ln suppl'cssion du pou\'oi1· tcmpor('I. ~lais ~lontalemucrt lc111·disait: « Cela vous portera malheur. • On était i, la ,·tille dr l'élrctio11 p1·ésidc11ticllc. 011 savait <p1'cllc dépendait en grande partir des catholiques. Cavaignac, approuvé pa,· l'.\ssemblée, se hâta d'offrir au pape lïwspitalité su,· Ir territoire <le la Hépnhliquc et de concentrer i. Toulo11 u11corps de troupes. Seulement, pe11danl q11'11nministre accourait à ~larseillc pour rcce,oiJ· le Saint-Père. cclui•t.:i s·cnfuy;1Îl déguisé it Ga~tc. sur les te1T('S du roi de Naples qui, depuis le mois de Seplemhrc, avait méritl' le surnom ùe roi 1301111,apour avoir fait mitrailler ses sujets el les félicitations du rz,11· pour avoir donné le signal de la 1·ontrc-ré, olution. Cependant eu France Louis- )iapoléon venait d't'trc élu. Proh'gé et pl'isonnicr des cléricaux, il avait promis dr défrnd1·r, IHln seulement la personne, mais l'oulorilé du pape; il avait ,ouhaité au nonce le 1er Jan,icr la rC"stauration de la puissa1wc pontifical<': Thiers. ~lolé, le pasteur Coqu,•rcl, que Thiers appelait l'abhé Coque,·el. s'étai<'nl prononcés dans le ntt'me sens. Parmi les ministres se trou,aÎ('nt Drouyn de Lhuys, pour qui le pape était• la clef de voûte de l'édifice rurnpéen •, rt surtout Falloux. qui écrivait <1uc • la France trcssaillerait d'all(-- gressr, lo1squc le pied du Saint-Père toucherait son sol• et qui \'Oulait a

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